‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 172 sur 480 · PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE QUATRIÈME. — CHAPITRE II

qui seront pauvres, dans la nécessité, selon leur pouvoir, et par l'ordre ou consentement du Supérieur de la Congrégation.

Personne ne s'attachera à aucune maison particulière, mais chacun les aimera toutes également, et la Congrégation en général, comme étant toute consacrée à Notre- Seigneur Jésus-Christ et à sa très sainte Mère ; embrassant tous ses intérêts comme les intérêts de Jésus et de Marie, et chérissant toutes les choses qui lui appartiennent, jusques aux plus petites, comme choses qui sont à eux

Afin de conserver cette affection générale, chacun sera toujours disposé à changer de maison quand l'obéissance le voudra. Et on changera en effet, du moins de trois ans en trois ans, si le Supérieur de la Congrégation n'en dispose autrement pour quelque bonne raison. Et quiconque ne voudra pas se soumettre en ceci à ses ordres, mais s'y rendra rebelle avec opiniâtreté, sera exclu de la Congrégation, s'il n'entre dans le repentir et dans les sentiments de pénitence que requiert une telle faute.

La maison de Caen, qui est comme la pierre angulaire et fondamentale qui doit unir et lier toutes les autres maisons ensemble, aura un livre dans lequel on écrira soigneusement non seulement les établissements des autres maisons, mais encore les choses principales qui y arrivent, tant au spirituel qu'au temporel, et tout ce qui peut édifier.

Encore que la dite maison de Caen n'ait point d'autorité sur les autres, et que cela appartienne seulement au Supérieur de la Congrégation, néanmoins elles doivent la reconnaître comme leur mère, et avoîr avec elle une très étroite union de charité, une très entière conformité, une fidèle correspondance, une cordiale déférence et une particulière communication. Aussi ceux de la maison de Caen doivent avoir un zèle spécial et une grande cliarïté pour servir les autres maisons, selon tout leur pou-

voir. Et Tordre y doit être si bien gardé, que Ton y trouve toujours tout ce qui est de l'Institut de la Congrégation pratiqué en perfection ; et qu'ainsi elle soit le modèle et l'exemplaire des autres.

Toutes les maisons de la Congrégation suivront une même règle . mêmes coutumes et mêmes usages en toutes choses, autant qu'il se pourra.

On gardera, tant qu'il sera possible, une parfaite uniformité en l'office divin, aux cérémonies, aux prières publiques et exercices de piété, aux bâtiments des églises et des maisons, aux ameublements des chambres et des autres lieux, aux habits ainsi qu'il va être dit, et en toutes choses. Et en cas de doute, on écrira au Supérieur delà Congrégation pour savoir de lui comme l'on fait en la maison de Caen, afin de s y conformer autant que l'on pourra.

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