PARTIE SIXIÈME. — CHAPITRE V
fait paraître. Le deuxième point, des raisons qui nous obligent d'honorer ce mystère, ou de bien célébrer cette fête. Le troisième point, des moyens dont il faut se servir pour le faire.
S'il est question du saint Sacrifice de la Messe, ou de l'Office divin : Le premier point sera, quelles sont les raisons qui nous obligent de bien faire ces actions. Le deuxième point, quelles sont les dispositions tant intérieures qu'extérieures avec lesquelles il les faut faire. Le troisième point, quels sont les moyens d'avoir ces dispositions et de les conserver.
S'il faut parler contre un vice, par exemple, contre l'orgueil : Le premier point sera, en quoi il consiste. Le deuxième, quelles sont les raisons et les motifs qui nous doivent porter à le haïr et à le fuir. Le troisième, quels sont les moyens de l'éviter et de le vaincre.
S'il faut traiter d'une vertu : Le premier point sera, en quoi elle consiste. Le deuxième, quelles sont les raisons et les motifs qui nous doivent porter à la désirer et pratiquer. Le troisième, quels sont les moyens de l'acquérir et de la conserver.
Au commencement de la conférence, le Veni Creator étant dit comme à l'ordinaire, le Directeur fera l'ouverture, disant : Le sujet de cette conférence est telle chose. Le premier point est etc. Le deuxième, etc. ; et le troisième, etc. Puis il fera parler ceux qu'il jugera à propos, les uns sur un point, les autres sur un autre ; el chacun dira simplement sa pensée. Ensuite de quoi le même Directeur fera une briève récapitulation des choses principales, y ajoutant quelque chose du sien, et terminant ainsi la conférence, après laquelle on dira Y Ave maris slclla, comme l'on a de coutume.
. On aura une horloge de sable, pour mesurer et régler le temps de toutes ces conférences et entretiens, qui ne dureront qu'une heure tout au plus.
Chacun sera aussi content de ne rien dire et «I écouter
les autres, comme de parler, afin de suivre l'exemple de Notre-Seigneur, qui a gardé le silence l'espace de trente ans, pour en parler trois seulement. Ce qui ne doit pas empêcher néanmoins qu'on ne se prépare comme il faut sur les points de la matière proposée.
On ne louera ni citera personne en parlant, comme qui dirait : « Un tel a fort bien traité ce point-là », etc., comme aussi on ne parlera point de soi, comme qui dirait en s'humiliant : « Je ne suis pas capable ni digne de parler de cette matière », ou autre chose semblable.
Quand les choses qu'on aura préparées à dire, auront déjà été dites par un autre, on ne les répétera point.
Surtout on évitera plus que la peste, les risées, moqueries ou railleries au sujet des paroles, ou des gestes, ou des façons de faire de ses frères, soit en leur présence, soit en leur absence ; mais si on veut fuir la superbe pharisaïque, et être vrai disciple de Jésus-Christ Notre- Seigneur, on aura grande estime pour son prochain, et grand mépris pour soi même.