PARTIE SIXIÈME. — CHAPITRE VI 3ff
mêmes, c'est-à-dire, à leur amour-propre, à leur propre esprit, à leurs sentiments et inclinations et à tout ce qui est du vieil homme, pour suivre notre Sauveur ainsi que les membres doivent suivre leur chef, en continuant sa vie, ses mœurs et ses vertus sur la terre
Mais ils travailleront spécialement à renoncer absolument à leur propre volonté, pour suivre en tout et partout la très adorable volonté de Dieu, à l'imitation de Notre Seigneur qui a dit: Je suis descendu du ciel, non pas pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de relui qui m'a envoyé1.
Leur unique fin et intention dans toutes leurs actions et exercices, sera de les faire, non pas pour la crainte des châtiments, ni pour le désir des récompenses ni pour le mérite, ni pour leur propre satisfaction, ni pour contenter les hommes; mais pour la seule gloire de Dieu, pour lui plaire et pour accomplir sa très sainte volonté2.
Ils embrasseront de tout leur coeur la pratique solide de toutes les vertus, mais spécialement de l'humilité et de 1 obéissance, qu'ils chériront comme les deux pré-
1. « Descendi de caelo, non ut faciam voluntatem meiim, »ed voluntatem ejus qui misit me. » Joan. VI, 38.
2. « Omnes rectam habere intentionem ittudeant, non solum circa vftas suae statum, verum etiam circa res omnes parti'iilares, id semper in eis sincère spectantes, ut serviant et plaeeant divin» bonitati propter seipsam, et propter charitatem, et on nia bénéficia qui bai prœvenit nos, potiusqunm ob timurem pœnnrom, vel prsemiorum (quamvis hinc etiam jnvari deb^ant) et in omnibus quaerant Dcum. » Const. S. J. Part. 3, cap. 1, g 26.
Pas plus que saint Ignare, le P. Eudes n'exclut anenne bonne intention surnaturelle, mais il veut que loi s'arrête |>.t ^ .ni motif d'intérêt propre, et que Ton monte toujours jusqu'à l'intenli n de pare charité. Cf. Cœur admir . liv . (>, eh. 1, or. 7, sect. 1. Toiu. VU des Œuvre*, p. IIS. 179.
Quand les Constitutions lurent sonmîses à I S Congt*. des ! pour l'approbation définitive, les censeurs crurent devoir biffer ce passage, sans doute parce qu'il est de règle de ne pas demander des choses trop héroïques à une collectivité. Sa Sainteté Pie IX le rétablit de sa propre main.
cieuses vertus de la Congrégation, dans lesquelles elle désire ardemment que ses enfants excellent, afin d'être plus conformes à celui qui a dit : Apprenez de moi que je suisdouxet humbledecœur l, etqui a été fait obéissant jusqu'à la mort, et la mort de la Croix.
La connaissance de nous-mêmes étant un moyen très nécessaire pour parvenir à l'humilité, et par conséquent à l'obéissance qui en est inséparable, afin que chacun se rende savant en cette science, on prendra souvent quelque temps devant Dieu pour, après lui avoir demandé lumière, s'étudier soi-même afin de se connaître, comme aussi pour adorer et louer Notre-Seigneur dans son humilité et dans ses humiliations, pour lui demander pardon de toutes les fautes qu'on a commises contre cette vertu, pour se donner à son esprit d'humilité, et pour le prier de le faire vivre et régner en nous, et d'y écraser entièrement le serpent de l'orgueil et de la vanité. La profession d'humilité qui est dans le livre du Royaume de Jésus, sur la fin de la première partie, pourra servir à cela : et il sera très bon de la renouveler tous les jours, soitvocalement, soit mentalement ; s'attachant, non pas aux paroles par lesquelles elle est exprimée, mais au sens et à l'esprit.
Afin de les exercer en la pratique de l'obéissance, ils ne parleront point aux externes qu'avec la permission du Directeur, qui ne leur permettra que pour peu de temps, et le plus tard qu'il pourra, et jamais, s'il est possible, à ceux dont la communication pourrait causer quelque refroidissement en leur dévotion.
Ils ne feront point de visites hors la maison que très rarement, et pour des causes bien importantes. On ne les donnera point pour compagnons aux anciens dans leurs sorties et visites, si ce n'est dans quelque urgente nécessité.
1. « Discite a me quia mitis sum et humilis corde. » Matth. XI, 29.