CHAPITRE IX
Qui sont ceux qui doivent être incorporés en la Congrégation ; et en quelle manière cela se fait.
Personne ne sera incorporé en la Congrégation, qu'après avoir donné des preuves solides et manifestes d'une vie tout à fait chrétienne, d'une conversation vraiment ecclésiastique, d'un esprit humble, docile, obéissant et fidèle en l'observance des Règles et Constitutions de la Congrégation, et d'un cœur zélé pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes, affectionné aux intérêts de la même Congrégation, et qui ait un grand désir d'y être incorporé.
Le temps de la probation étant expiré, celui qui désirera d'être du corps de la Congrégation exposera son désir au Supérieur de la maison où il se trouvera pour lors, lequel, après 1 avoir examiné, ainsi qu'à la lin de la seconde et troisième année, comme il est porte au chapitre précédent, assemblera ceux de la Communauté qui sont incorporés, pour conférer et délibérer ensemble là-dessus.
En cette assemblée et conférence, après les prières ordinaires, on lira premièrement ces règlement- ; et on considérera sérieusement L'importance de cette action, et que, si on doit être très réservé eu la réception d. -s sujets de la Congrégation, il le faut être encore davantage
quand il s'agit de les incorporer; parce qu'il vaut beaucoup mieux qu'elle en ait peu et qu'ils soient bons et bien animés de l'esprit de son chef, que d'en avoir un grand nombre qui soient lâches et imparfaits,
Après cela, le Supérieur dira ce qu'il connaît de l'étal et des dispositions du postulant ; puis chacun donnera son suffrage, prenant bien garde de ne se laisser pas préoccuper par aucune passion ni affection particulière ; mais s'efforcant de renoncer à son propre esprit et de se donner à l'esprit de Notre-Seigneur, pour se gouverner en ceci, comme en toute autre chose, par son mouvement et par sa conduite.
Si la plus grande partie lui donne sa voix, on l'écrira au Supérieur de la Congrégation, sans le consentement duquel rien ne se fera. Si la plus grande partie des voix le rejette, ou qu'il n'en ait que la moitié, on écrira encore au même Supérieur afin d'avoir de lui l'ordre qu'il faudra suivre là-dessus, soit pour prier le Postulant de se retirer, soit pour lui donner encore quelque temps de se corriger, soit pour le retenir, s'il le veut bien et si on le juge à propos, en qualité de pensionnaire.
Le consentement du dit Supérieur étant donné en faveur de celui qui demandera d'être incorporé, on choisira un jour pour faire cette action, à laquelle il se préparera par une retraite de huit ou dix jours, plus ou moins, selon sa disposition et que son Supérieur le jugera bon.
Le jour étant venu, on célébrera premièrement une messe du Saint-Esprit, si le jour le permet, ou quelque autre ; puis, la Communauté étant assemblée, non pas publiquement, mais au dedans de la maison : on fera un entretien sur les avantages des Ecclésiastiques qui vivent en communauté, et sur la grâce très grande que Dieu fait à ceux qu'il appelle à la Congrégation.
Ensuite de cela, le postulantse mettra à genoux, ayant un cierge blanc en la main, devant les images de Notre-