PARTIE HUITIEME. — CHAPITRE I
A. deux heures ou environ, on se rendra à l'église pour continuer à entendre les confessions.
A six heures, on sonnera la clochette, pour avertir les confesseurs de se disposer à sortir à six heures et demie.
La même clochette se sonnera à six heures et demie, et tous les confesseurs sortiront pour se rendre tous ensemble à la maison, afin de réciter en commun Matines et Laudes du jour suivant, avec les Litanies ensuite et autres prières accoutumées.
Après quoi on soupera, et la lecture se fera comme à dîner.
Après souper, on demeurera tous ensemble pour faire une heure de conversation, durant laquelle chacun pourra proposer les difficultés qu'il aura rencontrées, mais de telle sorte qu'il ne se mette point en péril de blesser le sceau de la confession.
Ensuite on fera l'examen et les prières accoutumées; puis chacun se retirera pour se coucher aussitôt.
L'examen étant fait, on gardera le silence exactement jusqu'au lendemain après l'oraison.
On ne mangera ni boira hors la maison où l'on sera logé, que très rarement et pour des considérations importantes à la gloire de Dieu, et avec la permission du Supérieur.
Après les deux premières semaines de chaque mission, on prendra un jour de repos en chaque semaine qui sera le lundi pour l'ordinaire, ou Le jour qu'on trouvera le plus convenable selon les lieux.
Le Supérieur de la mission et tous les missionnaires s'étudieront avec un soin particulier de gagner Les cœurs et les affections de tous ceux pour le salul desquels ils ont à travailler. par une grande humilité, «1 leur el modestie, et en leur donnant tous Les témoignages | sibles de charité ; mais spécialement il- s'efforceront d'entrer dans la bienveillance de tous ceux, lanl ecclésiastiques que séculiers, donl L'autorité, la faveur ou la
piété pourront aider à faire les exercices de la mission avec plus de fruit.
Afin de suivre cette règle de charité par laquelle le divin missionnaire saint Paul se faisait tout à tous, pour les gagner tous à Dieu, il est expédient pour l'ordinaire de s'accommoder du commencement, autant que la raison et la conscience le peuvent permettre, à l'esprit, à l'humeur et aux sentiments de ceux avec qui l'on traite en particulier, pour les gagner à Dieu ; mais de telle sorte néanmoins que Ton tâche de les amener peu à peu dans les dispositions nécessaires pour leur salut.
Si quelques-uns se rendent contraires à la mission par calomnies, médisances, moqueries ou autrement, on se gardera bien de s'en plaindre ni d'en témoigner aucun ressentiment, soit en particulier, soit en public dans les prédications ou catéchismes ; mais on priera Dieu pour eux, et on tâchera de trouver l'occasion de les parler, pour leur ôter avec grande modestie et douceur les mauvaises impressions qu'ils ont conçues contre les missionnaires.
Si on connaît que les médisances et calomnies soient telles qu'elles empêchent le fruit de la mission, il sera bon, après avoir exercé la patience quelque temps et avoir recommandé la chose à Dieu, de s'en purger publiquement dans la chaire, mais avec grande retenue et douceur, et de telle façon que l'on ne donne aucun sujet de plainte ni d'offense à personne.
On évitera la trop grande et trop familière conversation avec les gens du siècle, spécialement avec les femmes ; et lorsqu'on y sera engagé, on ne les entretiendra jamais de nouvelles du monde, ni d'affaires séculières dont la nécessité ou la charité n'obligera point de parler ; mais des choses de Dieu et de leur salut : tâchant de leur donner toujours un grand exemple de modestie et de piété.
S'il faut suivre un Prélat visitant son diocèse, on pren-