‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 386 sur 480 · PARTIE DOUZIÈME. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PARTIE DOUZIÈME. — CHAPITRE IV

Us conserveront dans leur cœur une grande affection pour le bien commun et général ; et dans toutes les délibérations, ils auront toujours cet objet devant les yeux. Et afin que leurs conseils soient utiles et salutaires, ils se défieront extrêmement de leur propre esprit, et renonceront de tout leur cœur à leur propre sens, pour se donner à Notre Seigneur et à son divin Esprit, et le supplier qu'il leur inspire ce qu'ils auront à dire.

Ils se garderont bien de dire leur avis sur aucune chose, qu'ils ne l'entendent parfaitement auparavant. Voilà pourquoi ils ne se précipiteront jamais à dire leur pensée ; mais ils considéreront attentivement L'affaire dont il sera question, et s'ils y trouvent beaucoup de difficultés et qu'elle ne presse point trop, ils prieront qu'on leur donne quelque temps pour la recommander à Dieu, et pour la regarder de plus près et à loisir.

Ils tâcheront de ne se Laisser jamais préoccuper de leurs humeurs, inclinations ou aversions, ni de celles d'autrui, en ce qui regarde h"- délibérations qu'on doit prendre: mais chacun proposera sa pensée avec modestie, humilité et charité, déduisant ses raisons sans espril d'aigreur ni d<' contention, sans élriver J ni disputer ensemble, et sans mépriser et avilir l'avis d'autrui, quel qu'il soit ; et s'il faut répliquer, que cela se fasse suavement, avec toute modestie, conservant toujours la tranquillité, la paix, la charité el la douceur, au préjudice de tout le resl

Après avoir dit leur sentiment, ils prendront bien garde de oe s'y attacher pas, et de ne trouver pas mauvais, ni témoigner aucune peine, s'il n'esl pas suivi ; mais ils seront toujours dispos soumettre a lavis

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