PARTIE TREIZIEME. — CONCLUSION
très chers et très aimés frères, de bien considéra: que je vais dire, de le graver bien avant dans leur cœur, et de le mettre soigneusement en pratique. Voici ce que c'est.
C'est que la Congrégation étant établie dans L'Église pour lui donner des ministres dignes des saints autels, dignes altaris ministros : des ouvriers évangéliques et irréprochables, operarios inconfusibiles ; des prêtres vraiment apostoliques, apostolicos sacerdotes : des pasteurs selon le cœur de Dieu, Paslore* juxia cor meum : des ecclésiastiques qui soient des images vivantes de sa très éminente sainteté, et des modèles accomplis de la perfection chrétienne ; en un mot, des hommes non pluhommes, mais Dieux et pères des Dieux : Sace Deus Deo$ efficient : Et les enfants de cette Congrégation étant choisis de Dieu, par une bonté inconcevable, pour être employés à former, perfectionner et sanctifier dignes ministres de ses autels, ces ouvriers irréprochables, ces prêtres apostoliques, ces pasteurs selon son cœur, ces vives images de sa divine sainteté, ces modèles de la perfection chrétienne, ces Dieux et ces Pères des Dieux : il est évident qu'il n'y a personne au monde qui soit plus obligé de travailler à acquérir la perfection el la sainteté, que ceux qui sont obligés de la donner aux autres.
D'ici il faut inférer qu'il n'y a personne, en quelque Communauté que ce soit, qui ait plus d'obligation de vivre dans l'ordre et dans la règle, et de pratiquer en perfection toutes les vertus qui sont marquées dans Règles et Constitutions, que les enfant- de la Con* grégation. Car s'ils ne sontbien établis, affermis « I enracinés dans les solides vertus et dan- l'esprit du christianisme et du sacerdoce, qu'arriwra-t-i! ? Quatre cb très pernicieuses et très damnables.
1. Il arrivera que ceux qui viendront du monde dans nqs Séminaires, étant vides de cet esprit, et remplis de
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l'esprit du siècle qui est tout à fait opposé à l'esprit de Dieu, ils nous entraîneront bientôt dans leurs sentiments, dans leur désordre, et dans le relâchement d'une vie séculière et déréglée ; et ainsi, au lieu que nous devons en faire des hommes célestes et divins, ils nous rendront tout terrestres et mondains ; au lieu que nous les devons sanctifier, ils nous perdront; au lieu que nous en devons faire des anges, ils nous mettront au rang des démons.
2. Il arrivera que les Séminaires, qui doivent être des écoles de sainteté, des académies du ciel, dans lesquelles on enseigne principalement la science des Saints et les plus hautes leçons de la perfection chrétienne, seront changés en des maisons profanes et en des auberges séculières, où plusieurs ecclésiastiques se retireront pour y vivre, non pas plus saintement, mais plus commodément ; là où on se laissera bientôt aller à vivre, non pas selon les maximes de l'Évangile, mais selon les lois et les modes du monde ; là où on s'entretiendra, non pas des mystères divins ni des choses saintes, mais des affaires des nouvelles et des bagatelles du siècle ; là où enfin on se conduira, non pas selon les ordres d'une sainte obéissance et d'une maison de Dieu bien réglée, mais chacun à sa mode et à sa volonté, sans discipline et sans règle, afin de mener une vie plus désordonnée que celle des soldats qui sont dans les armées, là où ils observent" très exactement jusqu'aux moindres ordres de la discipline militaire.
3. 11 arrivera que les desseins du Saint-Esprit et de la sainte Église dans l'institution des Séminaires, seron* anéantis. Car les Séminaires étant le principal et presque l'unique moyen de peupler l'Église de bons pasteurs et de saints prêtres, si ce moyen vient à manquer, lorsque les Séminaires viendront à déchoir et à périr en tombant dans l'état que je viens de marquer, que deviendra cette même Église, étant destituée de pasteurs et de prêtres