Costil, Annales.^ livre II, n
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avec eux : de mille livres de rente que M. de Hépichon et M. de Lion, son fils, ont donnés au Séminaire de Caen, ils déclarent qu'ils sont prêts d'en donner la moitié aux dits Révérends Pères, pourvu que les dits fondateurs y veuillent consentir, à quoi les dits Prêtres s'obligeront en conscience et devant Dieu de les porter autant qu'il sera possible. Et partant, les dits Prêtres supplient très humblement les dits Révérends Pères, et les conjurent par le précieux sang que Jésus-Christ a répandu pour nous donner la paix, et par les sacrées entrailles de la Mère de paix et de charité, de faire cesser leurs oppositions, et de souffrir qu'ils travaillent avec eux en la vigne de leur Père et Maître commun ; et de considérer qu'ils ne sont pas les seuls qui soient appelés de Dieu pour servir l'Église ; que c'est un grand Seigneur, dans la maison duquel on ne peut se passer de plusieurs sortes de serviteurs ; que l'Église a un très grand besoin de bons prêtres, et que le principal liîoyen de lui en donner sont les Séminaires ; que cette moisson est grande, et cet ouvrage important et de si grande étendue, qu'il n'y aura jamais assez d'ouvriers pour y travailler ; qu'il n'y a aucun Séminaire dans la Normandie ; que, quand il y en aurait quatre dans le seul diocèse de Bayeux, ils seraient bientôt remplis; que dans la ville de Caen, qui est fort peuplée, et où l'Université attire un grand concours d'ecclésiasfiques de la province, deux Séminaires non seulement ne se nuiraient point, mais qu'ils serviraient à se maintenir l'un l'autre dans la vigueur de leurs exercices et de leurs fonctions, par la sainte émulation qu'elle leur donnerait de travailler à qui mieux mieux.
Que si, nonobstant toutes ces considérations et ces offres, il veulent croire que le Séminaire des dits Prêtres serait préjudiciable à celui qu'ils désireraient établir à Caen, qu'ils emploient leur zèle et leurs forces pour en établir dans les autres villes du Royaume, où ils ont des maisons, et où il y a un si grand besoin de Séminaires. Car
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on li'ur doinandcrail voli^nliors ([ucllc raison ils ont d'en vouloir établir un à Cacn, où il y en a déjà un, plutôt qu'à Lyon, à Tours, ù Angers, à Marseille, et «ui lant d'autres îieux où leur Con^^ré^ation a des établissements ; et on leur ajouterait qu'ils n'ont pas plus de raison de s'opposer au Séminaire de Caen, qu'aux autres qu'on érig<; aujourd luii par toute la France.
Mais enfin, on les prie de vouloir bien faire attention à <;es paroles que le Saint-Ksprit proféra par la bouche du saint homme Gamaliel : « Ne.vous mêlez point de ce qui regarde ces gens-là, et laissez-les faire. Car si ce conseil ou cet œuvre vient des hommes, il se détruira. Que s'il vient de Dieu, vous ne pourrez pas le détruire, et vous seriez en danger de combattre contre Dieu même » : Discedite ab hominibus istis, et sinite illos ; quoniam si est ex hominibus consilium hoc aut opus^ dissolvetur : si vero ex Deo est, no-n potcritis dissolvere iliud, ne furie ex Deo rep ug n a re in ven ia m in i * .
C'est là en eflet ce que Ion doit faire en de semblables occasions, lorsqu'on voit de nouveaux desseins de procurer la gloire de Dieu, dont on ne connaît pas encore la nécessité, se former dans l'Église ; surtout quand la Providence fait connaître, par les heureux succès qu'elle leur donne, qu'ils lui sont agréables. Si on ne peut encore se persuader qu'ils ont ce caractère, parce que l'on a quelques préjugés ou quelque intérêt particulier qui empêche de les considérer dans leur véritable point de vue, il faut suspendre son jugement, ou au moins ses mouvements, de peur de s'opposer aux ordres de Dieu, qu'il n'est pas obligé de faire connaître, et qu'il est de sa sagesse de faire exécuter par des moyens les plus simples. Autrement, on se met au hasard de s'attaquer à ses serviteurs, croyant lui rendre service, ce qui n'est rien moins que de s'en prendre à lui-même.