XVI. — CONTRAT
d'une sainte Alliance avec la très sacrée Vierge Marie,
Mère de Dieu '.
Jésus ^ Maria, Joseph.
0 admirable et tout aimable Marie, Mère de Dieu, Fille unique du Père éternel, Mère du Fils de Dieu, f^pouse du Saint-Esprit, Reine du ciel et de la terre, ce nest pas merveille que vous vouliez bien être Tépouse du dernierde tous les hommes et du plus grand de tous les pécheurs, qui a bien osé vous choisir dès ses plus tendres années pour sa très unique l^pouse, et vous consacrer entièrement son corps, son cœur et son âme. C'est que vous voulez imiter la bonté infinie de votre Fils Jésus qui veut bien être Tépoux d'une âme pécheresse et misérable. Que tous les Anges, tous les Saints, toutes les créatures et le Créateur même vous en louent et bénissent éternellement, et réparent pour moi toutes les ingratitudes et infidélités innombrables que j'ai commises au regard de vous.
Puisque vous avez déjà eu tant de bonté, u lapins charitable de toutes les créatures, ayez agréable, s'il vous plaît^ les conditions de notre sainte Alliance, que je vais écrire sur ce papier, qui en sera comme le Contrat, ou plutôt comme une copie du Contrat dont je supplie le Saint- Esprit d'être le notaire, pour Técrire dans votre Cœur et dans le mien, en lettres d'or de son pur amour, qui soient ineffaçables.
Au lieu que l'époux est le chef et le supérieur de l'épouse, et qu'elle est assujettie à son autorité, je veux vous
1. Hérambourg, 1. 2, ch. 14. Lautographe de ce Contrat, qui fut enterré avec le Bienheureux, se trouve aujourd'hui au Monastère de Caen, auquel il fut donné lors de l'exhumation de ses restes en 1810.
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respecler el lionoror comme ma Heine elsouvoraine Darne,, €t que tout mon être, avec toutes ses dépendanees et appartenances, soit pleinement assujetti à voti'c; puissance, atiii que vous en disposiez tout ainsi qu'il vous plaira.
Au lieu qu'une partie du dot de l'épouse demeure entre les mains de l'époux, ce qu'on appelle vulgairement don mobile, qui en fait ce que bon lui semble, je ne veux rien m'approprier ni retenir du dot que vous m'avez apporté, c'est-à-dire des grâces et faveurs innombrables que le Père céleste m'a données par vous. Je renonce de tout mon cœur h eh retirer aucun avantage pour mes intérêts particuliers, mais je les mets entre vos mains, avec tous les fruits qui en sont procédés, afin que vous les renvoyiez à celui qui en est la première source, et auquel seul toute lagloireen soit rendueéternellement.
Au lieu que lépouse n'a pour son douaire, après le décès de son époux, qu'une partie de son bien, mon intention est, ô ma très honorée Dame, que tout ce que je suis, tout ce que je puis, tout ce que j'ai au corps et en l'âme, en la nature et en la grâce, et tout ce que j'espère en la gloire, et généralement toutes choses qui m'appartiennent au temporel ou au spirituel, ou qui dépendent de moi en quelque façon que ce soit, soient à vous entièrement el sans aucune réserve, afin que vous en fassiez ce qui vous sera le plus agréable. Mais tout cela n'est rien. Oh ! si j'avais cent millions de mondes, que de bon cœur je vous les donnerais, ô ma divine Maîtresse ! Voire si, par impossible, j'avais un être divin, comme votre Fils Jésus, j'aurais un grand contentement àvous le donner, en union du même amour avec lequel il s'est donné à vous.
Au lieu que l'épouse doit se conformer et rendre semblable à son époux, selon ces divines paroles : Faciamus homini adjutorium simile sibi \ je désire de tout mon cœur m'étudier à me rendre semblable à vous, ô ma