‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 3)Chapitre 70 sur 240 · XVI. — coMHAT d'une saintk almanck · texte numérisé non relu

XVI. — coMHAT d'une saintk almanck

les sonliiucnts de mon Cd'iiisur ce suj(;l. Oli î que n'ai-jo tous les (ururs des lioninies et des Anges, avec toute la capacité d'aimer qui fut et ([ui sera jamais, pour les employer à aimer Jésus, Tils de Marie, et Marie, Mère de Jésus ? Mais cela ne me contenterait pas encore. Il faut avoir le cœur d'un Dieu pour aimer dignement un Homme- Dieu et une Mère de Dieu. (îràces à Dieu, J'en ai un, car Jésus s'étant tout donné à moi, son Cœur par conséquent est à moi. Oui, le C<eur de Jésus est mon cœur. C'est en l'amour de ce Cœur que je veux aimer mon très bon Sauveur et sa très aimable Mère, et que je les veux aimer fortement, ardemment, tendrement, uniquement et éternellement; et je ne veux rien aimer que ce qu'ils aiment, ni haïr rien que ce quils haïssent, ni me réjouir de rien que de ce qui les contente, ni m'attrister de rien que de ce qui leur déplait. Et je veux mettre toute ma consolation et mes délices à penser à eux, à converser avec eux, à parler et à entendre parler d'eux, à agir pour leur service, à souffrir pour l'amour d'eux, et à mourir dix mille fois, s'il était possible, pour Jésus et Marie.

Comme l'époux et l'épouse sont obligés réciproquemen t de s'assister et consoler l'un l'autre dans leurs infirmités, maladies etaftlictions, mon désir est de vous servir, aider et consoler, selon le pouvoir que Dieu m'en donnera, en la personne des pauvres, des malades et des affligés, dans lesquels je vous regarderai, comme la mère dans ses enfants, vous suppliant aussi, ma toute bénigne, de m'assister, protéger et soutenir dans tous mes besoins spirituels et corporels.

Comme l'époux et l'épouse ne doivent avoir qu'un cœur et une âme, faites aussi, s'il vous plaît, ô la Reine de mon cœur, que je n'aie qu'une âme, qu'un esprit, qu'une volonté et qu'un cœur avec vous. Pour cet effet, ôtez-moi mon cœur, et me donnez le vôtre, selon votre parole, afin que je puisse chanter éternellement :

164 OPUSCULES ET KKAGMEWTS

0 qualis hœc benignitas !

Ardent Marise charitas Meum sibi cor abstulil, Suum mihi Cor pxbuit.

Que ce Cœur sacré de ma très chère Marie soitTâme de mon âme et l'esprit de mon esprit; que ce Cœur aimable soit le principe de ma vie et de toutes mes pensées, paroles, actions, sentiments et affections ; que je fasse toutes mes actions et que je porte toutes mes peines et afflictions en Famour, en la charité, en l'humilité, en la soumission, en la patience et dans les autres saintes dispositions et intentions de ce très saint Cœur.

Comme Tépouse doit redoubler ses soins et ses affections vers son épouse en ses derniers jours, et à l'heure de sa mort, je vous demande aussi, ô la bien-aimée de mon âme, que vous soyez présente et proche de moi personnellement en mon dernier jour et en ma dernière heure, selon votre promesse, pour me défendre des ennemis de mon salut, pour me fortifier et consoler, pour me préparer à une sainte mort, pour m'associer avec vous dans les saintes dispositions avec lesquelles vous êtes morte, pour recevoir mon âme à la sortie de mon corps, pour la loger dans votre sein et dans votre Cœur maternel : car vous êtes ma mère et mon épouse, comme vous êtes la Mère et TÉpouse de mon Jésus ; pour l'emporter vers vous dans le ciel, afin que j'y aime, loue et glorifie à jamais la très sainte Trinité avec vous et avec tous les A^ages et tous les Saints.

Comme l'épouse doit prendre soin des enfants que son époux lui a laissés après sa mort, je vous supplie aussi de tout mon cœur, ô ma toute charitable, de prendre un soin tout particulier de tous les enfants spirituels que Dieu m'a donnés, qui sont aussi vos enfants, puisqu'il me les a donnés par vous. Je les mets tous, dès maintenant, entre vos mains, vous suppliant de les conserver

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