‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 3)Chapitre 81 sur 240 · Martine, 1. 3, n. /(i · texte numérisé non relu

Martine, 1. 3, n. /(i

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cepciidaiil si lieureiiscmcnU'xc'cuIccs, on pliihM ((iic Dieu a exécutées par eux d'une manière si admirable ?

I'(»ur(lii()i irespèrerons-nous pas aussi que Dieu voudra bien se servir de nous pour lui i)iocurer de la gloire et lui gagner des âmes, si nous nous donnons à lui de la manièie que lirentles Ap<Hres?

11 est vrai qu il n'y a pas de comparaison à faire entre les Apôtres et nous, entreleurs dispositions et les nôtres : mais n'y en a-t il point aussi entre les travaux dont ils ont été chargés, et les nôtres dont il estmaintenani question. Ils avaient tous les peuples de Tunivers à convertir, dont ils ne connaissaient ni le génie, ni les langues ; et ils avaient des ennemis sans nombre à vaincre el des obstacles terribles à surmonter. Et nous, nous n'avons, pour ainsi dire, qu'une poignée de monde à cultiver, qui connaissent déjà le bon Dieu que nous adorons, et qui font profession de-croire les grandes vérités que nous venons leur annoncer. Quelles grandes difficultés pouvons-nous y rencontrer ? Et pourvu que nous voulions bien nous vider de nous-mêmes, et nous donner à l'esprit de Dieu comme eux, ne pouvons-nous pas espérer qu'il nous animera et fera par nous ce que nous ne sommes pas capables de faire sans lui? Ne devrions-nous pas-rougir denotre lâcheté et peu de courage? S'il y a quelque petite peine ou fatigue à essuyer, convient-il de nous rebuter et de nons plaindre pour si peu de chose ? Dussions-nous y rencontrer la mort, ne devrions-nous pas nous croire trop heureux ? Peut-il nous arriver un plus grand bonheur ? Pourquoi sommes-nous prêtres, sinon pour marcher sur les traces de Jésus-Christ et suivre ses exemples, pour vivre el mourir avec lui et comme lui, si c'est son bon plaisir ?

On s'imagine que nous nous fatiguons beaucoup, et que nous avons bien de la peine à faire ce que nous faisons ; mais souffrons- nous autant que ces pauvres gens

qui sont occupés, depuis le matin jusqu'au soir, aux pénibles travaux de la campagne, et qui sont si mal nourris, si mal habillés et si mal logés? Ah ! quelle comparaison d'eux avec nous î de leurs travaux, peines et fatigues avec les nôtres 1 Mais quand il serait vrai qu'il y en a autant qu'on se le persuade, jetons les yeux sur les grandes récompenses qui nous sont préparées, et sur les secours et grâces qui nous sont présentées pour nous aider à les supporter. Ne devrait-il pas nous suffire de savoir que c'est Dieu même qui est notre secours et notre force, et qu'il doit être notre grande récompense pour toute l'éternité, comme il le promit autrefois à Abraham : Ego pro-

iector tuus sum^ et merces tua magna nimis '

Qui sommes-nous, mes Frères, pour que Dieu nous emploie en de si sublimes ministères, nous, misérables pécheurs; qu'il veuille bien nous choisir et nous préférer à tant d'autres pour nous rendre les instruments de ses divines miséricordes, pour retirer les âmes du péché? Pensez, mes Frères, quel bonheur cest pour nous d'aider à tirer de la tyrannie du démon tant d'âmes rachetées parle sang du Fils de Dieu, qui attendent notre secours. Ah ! voilà ce qui est incompréhensible I

Un peu de patience, et tout cet orage.se dissipera. C'est une bonne marque; c'est que le diable craint les effets de celte missioh, et qu'il appréhende la destruction de son empire : voilà pourquoi il excite cette petite tempête. Ne craignons rien. Dieu n'abandonnera pas son ouvrage, ni ses serviteurs qui ont l'honneur de travailler pour sa gloire. Pourvu que Dieu soit avec nous, qu'avons nous à craindre ?-.....'

Faites tout ce que vous pourrez pour vous rendre aimables à tout le monde, et persuadez-vous que vous ferez incomparablement plus de bien par cette voie que

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