‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 187 sur 369 · PARTIE PREMIERE · texte numérisé non relu

PARTIE PREMIERE

L'oraison jaculatoire.

T3ENEDICTIM sit Cor amantissimum et dulcissimum No- J-' men Domini nostri Jesu Christi, et gloriosissirrue Virginis Maria» Matris ejus, in a'ternum et ultra.

Nos cum Proie pia henedicat Virgo Maria.

r). Amen.

Vierge à ne pas nous la refuser, qu'il nous fait réciter trois fois le Monstra le esse Matrem. » [Vertus, p. 15(5).

C'est dans le même but, nous dit le Vénérable lui-même, que l'on bénit d'abord le Cœur très aimable de Jésus et de Marie et leur très doux Nom, parce que le Père éternel a promis à son Fils de bénir tous ceux qui le béniront : Benedicam benedicenlibus tibi. (Gen. XII, 3.) La formule Benedictum sit dont il se sert est très ancienne : D'après les Annales ecclésiastiques, le Pape Clément IV l'enrichit de trois ans d'indulgences, à la prière que lui en fit le roi saint Louis en 1269. Elle ne s'adressait qu'au saint Nom de Jésus et de Marie ; c'est le P. Eudes qui a ajouté Cor amantissimum. (Cf. L'En/ance admirable, P. I, cb. 22), Les Indulgences dont il est mention ici ne sont point signalées aujourd'hui dans la Raccolta. Mais, le 30 novembre 1905, à la prière du R. P. Mallet, Procureur de la Congr. des Eudistes, Sa Sainteté Pie X a daigné accorder à tous ceux qui réciteront une fois par jour le Benedictum sit, 300 jours d'indulgence, et une Indulgence plénière chaque mois. (Cf. Revue du S. Cœur de Marie, Décembre 1905, p. 38, 39).

Quant à la prière Nos cum Proie pia, le Vénérable la empruntée au Petit Office de la sainte Vierge dans le Bréviaire romain, et elle est aussi ancienne que ce Petit Office qui existait déjà du temps de saint Pierre Damien, mort en 1073. (Cf. Beringer, I, 25(J) . On lit, dans la vie du B. Henri Suzo, écrite par lui-même, qu'un jour le démon ayant terrassé l'un de ses frères et cherchant à le terrasser à son tour, ce pieux religieux le mit en fuite rien qu'en prononçant ces paroles : Nos cum Proie pia, etc. (Cf. Enfance admirable, 1. c. ; et P. de Barry, Philagic, ch. IX, dév. 7.

La Vénérable Mère Agnès de Langeac, persécutée elle aussi par le démon, avait coutume de le combattre au moyen de cette prière. « C'était, nous dit son historien, M. de Lantages, une de ses plus chères pratiques de piété. Avant de se mettre au lit et aussitôt qu'elle était levée, lorsqu'elle entrait dans sa chambre et quand elle en sortait, elle ne manquait jamais de demandera la Mère de Dieu sa bénédiction, en disant à genoux devant son image : Nos cum Frôle pia, etc. Souvent la Reine du ciel se présentait à elle et la bénissait ; ou bien elle lui disait : Que mon Fils te bénisse, ou : Que la très sainte Trinité te bénisse, ma fille. Un jour, au lieu de la Mère de Dieu, elle aperçut un ange plus grand et plus beau que le sien, qui lui dit :

Seconde manière pour commencer l'Oraison.

Après le Veni sancte, le Verset et l'Oraison, le Semainier prononce hautement les choses suivantes, faisant une petite pause à la fin de chaque article.

Adorons Dieu, humilions-nous devant lui, et lui donnons notre esprit et 'notre cœur, avec désir de bien faire cette action, pour l'amour de lui seul.

Renonçons à nous-mêmes, et nous donnons à Notre- Seigneur Jésus-Christ, pour faire notre Oraison dans son Esprit.

Prions la très sacrée Vierge, les Anges et les Saints de nous aider à bien faire cette action

Ensuite le Semainier lii les points déraison, selon V ordre qui est marqué ci-devant; puis l'heure étant passée, et le signal étant donné par le Supérieur ou par celui qui tient sa place, il propose les actes suivants.

Je suis ici pour te bénir au nom de ta très sainte Trinité. Puis il la bénit en effet en disant : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint- Esprit. » (Sa Vie, P. III, ch. 15, et P. II, th. 5i.

Le V. P. Eudes recommandait déjà le Benedictum sit et le -Vos cum Proie pia, dans son premier ouvrage, l'Exercice de pieté qu'il écrivit en 1635. Il terminait presque toutes ses lettres par le Xos cum Proie pia, nous dit le P. Hérambourg, (Vertus, p. 156); et il se servait ordinairement de cette formule pour bénir les personnes en 'lehors des fonctions liturgiques. (Cf. Constit. de ta Cong. P. IV, <h. 1, n. 22).

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