‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 307 sur 369 · PARTIE QUATRIÈME. — § IV · texte numérisé non relu

PARTIE QUATRIÈME. — § IV

10. Les effusions prodigieuses de grâces qu'il versait dans l'âme de sa divine Mère, et les torrents du feu sacré de son divin amour, dont il embrasait sans cesse le Cœur maternel de cette Vierge très aimable, qui le suivait ordinairement partout, et qui était dans un exercice continuel d'amour et de louange vers son bien-aimé Fils, lequel imprimait en son intérieur une image accomplie des vertus et des perfections de sa Vie conversante.

11. Les effets merveilleux de lumière et de sainteté qu'il opérait dans les âmes de ses Apôtres et Disciples, et de plusieurs autres qui entendaient ses divines paroles, et qui voyaient ses saintes actions.

12. La patience et la bonté incroyable avec laquelle il souffrait la malice infernale des Scribes et des Pharisiens, écoutant patiemment plusieurs propositions qu'ils lui faisaient pour le surprendre en ses paroles et pour trouver occasion de le perdre, et y répondant avec autant de bénignité, comme s'il n'avait point connu leur perfidie.

13. La charité, douceur et affabilité avec laquelle il conversait avec les pécheurs, buvait et mangeait avec eux, n'en rejetant jamais aucun, mais se rendant familier et gracieux à tous, pour les attirer et gagner tous à Dieu.

14. L'institution du très saint Sacrement, qui contient toutes les merveilles du ciel et de la terre.

15. L'institution du Sacerdoce éternel, et la consécration des premiers Prêtres, qui est un don inénarrable du Fils de Dieu à son Église, et une source inépuisable de grâces et de bénédictions pour tous les chrétiens.

16. L'institution du Sacrifice admirable de l'autel, qui est un trésor infini de l'amour incompréhensible de notre Rédempteur au regard de nous.

17. Sa très douloureuse et très ignominieuse Passion, qui est un abîme de miséricorde, une fournaise immense d'amour, et une mer sans fond et sans rives de charité.

18. La totale effusion de son précieux sang, qu'il a versé jusqu'à la dernière goutte : 1. pour être le prix de

notre rédemption ; 2. pour nous en faire un bain prodigieux à laver les ordures de nos âmes ; 3. pour nous le donner comme un breuvage divin, qui nous fasse vivre en la terre de la vie du ciel, et qui nous enivre des délices de la Divinité ; 4. pour nous faire voir enfin tous les plus grands excès d'amour que le Cœur immense d'un Homme-Dieu pouvait produire.

19. Le don ineffable qu'il nous a fait en la Croix, lorsque, parlant à chacun de nous, en la personne de saint Jean, il nous a donné sa très chère Mère, non pas seulement en qualité de Reine et de Souveraine, ce qui aurait été un très grand honneur pour nous, mais en la qualité la plus honorable et la plus avantageuse qui puisse être, c'est-à-dire, en qualité de mère ; et qu'il nous a donnés à elle, non pas comme ses esclaves, ce qui nous aurait été une gloire signalée, mais comme ses enfants.

20. Le sacrifice qu'il a fait pour nous en la Croix, parmi des tourments si atroces et une mort si cruelle et si honteuse ; sacrifice d'une vie humainementdivine et divinement humaine, et si précieuse, qu'un seul moment de cette vie valait mieux infiniment qu'un million d'éternités de toutes les vies des Anges et des hommes qui ont été, qui sont et qui peuvent être.

Voilà vingt mystères très grands et très adorables qui sont compris dans l'état de la Vie conversante de Jésus, dont les sept derniers terminent et couronnent les derniers de cette aimable conversation.

Ajoutez à cela l'amour inexplicable et incompréhensible avec lequel il a fait et souffert tant de choses si grandes et si étranges, pour nous affranchir de la maudite et enragée compagnie des diables et des damnés, pour nous faire entrer en société avec les Anges, et pour nous rendre dignes de vivre éternellement avec lui comme ses membres, et avec son Père comme ses enfants.

Cela étant ainsi, quelles louanges, quelles adorations

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