‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 347 sur 369 · III. — [POUR LES MALADIES. j · texte numérisé non relu

III. — [POUR LES MALADIES. j

DISPOSITIONS CHBÉTIENNES

Avec lesquelles il faut prendre les Médecines et Lavements, et souffrir les Saignées1.

Pour les Médecines.

y a première disposition est de s'humilier devant Dieu, -L^ reconnaissant que nous avons mérité, par nos péchés, d'être en l'état auquel sont les damnés, qui seront éter-

1 A l'époque où vivait le P. Eudes, tous les médecins ordonnaient force saignées et dépuratifs de toute sorte. On sait comment Molière s'en moquait spirituellement.

nellement abreuvés et enivrés du fiel et de l'absinthe très amère de leurs péchés et de l'ire de Dieu, selon ces paroles : Ecce ego cibabo populum istum absynthio, el pntum dabo eis aquam fellis1 : « Je nourrirai ce peuple d'absinthe, et je lui donnerai du fiel pour son breuvage. »

La deuxième est d'adorer ISotre-Seigneur, dans les saintes dispositions avec lesquelles il a bu le fiel qu'on lui a présenté en la croix\ et a voulu être rempli de l'amertume et enivré de l'absinthe de tous les péchés du monde dont son Père éternel l'a chargé, suivant ces siennes paroles : Replevit me amaritudinibus, inebriavit me absynthio*; et nous donner à lui pour prendre la médecine dans ces mêmes dispositions.

La troisième est de lui protester que, si toutes les amertumes du monde étaient renfermées dans cette médecine, nous serions prêts, moyennant sa sainte grâce, si tel était son bon plaisir, de les boire toutes pour l'amour de lui, et en action de grâces de celles qu'il a bues pour l'amour de nous.

Pour les Lavements.

\ dorer Notre-Seigneur dans les saintes dispositions -£*- avec lesquelles il a porté l'ignominie qu'on lui a fait souffrir, lorsqu'il a été dépouillé tout nu en sa flagellation et en son crucifiement ; et nous donner à lui, pour souffrir la confusion qui accompagne ce remède, dans ces mêmes dispositions et en action de grâces de celle qu'il a endurée pour l'amour de nous.

Pour les Saignées.

1 . Q 'humilier devant Dieu, reconnaissant que jusqu'à ^présent nous n'avons pas été dignes de répandre

1 Jercm. IX, 15.

ïliren. III, 15.

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