TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE II
3. S'humilier, reconnaissant qu'on est très indigne de lire, et même de toucher et de regarder les livres sacrés,
; et demander pardon à Dieu de la négligence qu'on a apportée à les lire, du mauvais usage qu'on en a fait, et du peu de respect qu]on y a porté. Car nous devons les révérer comme le cœur de Dieu, qui contient ses secrets et qui est le principe de la vie de ses enfants, selon l'explication que saint Augustin a donnée à ces paroles du Psaume XXI, 15 : Factitm est coi' meum tanquam cera liquescens in înedio veniris mei1.
4. Se souvenir qu'il est rapporté dans l'Évangile2, que Notre-Seigneur étant un jour dans le temple de Jérusalem, prit le livre des saintes Écritures, l'ouvrit publiquement et y lut quelque chose : Surrexit légère; et dans ce souvenir se donner à lui. pour entrer dans les saintes dispositions et intentions avec lesquelles il a lu l'Écriture sainte, et pour s'unir à celles de tant de grands Saints qui ont lu si saintement les livres sacrés, et qui se sont sanctifiés par cette lecture.
5. Se donner à l'Esprit divin qui a dicté les saintes Écritures, et le prier qu'il les grave dans nos cœurs, et qu'il fasse de notre àme et de notre corps un évangile et un livre vivant, écrit au dedans et au dehors, dans lequel la vie intérieure et extérieure de Jésus, qui nous est représentée dans les saintes lettres, soit parfaitement imprimée.
' « Quomodo cor ipsius factum est sicut cera ? Cor ipsius Scriptura ipsius, id est, sapientia ipsius quœ erat in Scripluris. Clausa enim «rat Scriptura, nemo illam intelligebat : crucifixus est Dominus, et liquefacta est sicut cera, ut omnes infirmi intelligerent Scripturam. Nam inde et vélum templi scissum est : quia quod velabatur revelatum est. » (Enarr. II, in Ps. XXI.)
2 Luc. IV. 16.
54 le mémorial
4 Ce qu'il fait faikk après la susdite lecture.
i. Rendre grâces à Notre-Seigneur des lumières et des dons qu'il nous a communiqués par le moyen de sa sainte parole.
2. Nous donner à lui et le prier derechef qu'il imprime bien avant dans notre esprit et dans notre cœur les vérités que nous avons lues, et qu'il nous fasse la grâce de les exprimer dans notre vie et dans «os mœurs.
3. Mettre en sa mémoire quelques paroles de celles qu'on a lues, pour ruminer et remâcher celte viande céleste durant la journée, et pour repaître son âme de ce pain divin, qui est la vraie nourriture des enfants de Dieu.