‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 122 sur 303 · Magistra magistrorum. » Ibid. lib. 'f · texte numérisé non relu

Magistra magistrorum. » Ibid. lib. 'f

8. « Magistra Evangelistarum. » In I Pree. I*. « Magistra Doctorum. » Ho mil. in Ev.

« la Reine des Apôtres et la Keine des fivangélistes. »

0 divine Maîtresse, bienheureux ceux qui étudient en

votre école ! Oh ! que je sois du nombre de vos disciples,

et que j'apprenne à vos pieds la philosophie des enfanU

de Dieu, et la théologie du paradis !

La sixième interprétation est d'un excellent auteur appelé Angélus Caninius l, qui nous assure que Maria veut dire exaltata, eminens, sublimis, excelsa, « exaltée, éminente, sublime, élevée » ; ce qui exprime la hauteur incroyable de sa dignité, de sa sainteté, de sa puissance et de sa gloire, qui est si haute qu'il n'y a rien au-dessus d'elle que Dieu seul, duquel elle est très proche : Deo proxima, dit saint Thomas ; et que tout ce qui n'est point Dieu est presque infiniment au-dessous d'elle. Grâces infinies et éternelles soient rendues à celui qui Ta faite et si grande et si admirable !

La septième interprétation est du Révérend Père Adrianus Lyrseus, de la Compagnie de Jésus, qui a fait un excellent livre sur le saint Nom de Marie, intitulé: Trisagion Marianum2, là où il nous apprend que Maria, selon l'étymologie hébraïque, ne signifie pas seulement sublimis, excelsa, « sublime et relevée » (ce qui marque la grandeur de la Mère de Dieu) ; mais qu'il veut dire aussi stilla, vel gutta maris, « une goutte d'eau de la mer » ; ce qui désigne sa très profonde humilité. Et certainement ces deux choses sont bien jointes ensemble ; car c'est votre humilité, ô Reine du ciel, qui vous a élevée à la dignité suprême de Mère de Dieu. Vous êtes regardée et traitée comme la dernière de toutes les créatures, et Dieu, qui exalte ceux qui s'humilient, vous a donné la.

1. Angélus Ganinins Anglarensis. Instiluliones linguse Syriacse, Assyriacx atque Thalmudicae una cum .■Etiopicee atque Arables: eollatione ; in 4, Parisiis. 1554.

2. Adrien de Lyère, S. J. Trisagion Mr.rianum, seu trium mundi ordinum cultus ; in f°, Anvers, 1648. lab. 1, Hono. 21, Modul. 6.

212 l'enfance admirable

première place de son empire. Vous vous êtes abaissée au-dessous de toutes choses, et il vous a élevée au-dessus de toutes les pures créatures.

0 très humble Vierge, rendez-nous participants de votre humilité ; faites que nous détestions l'orgueil et la vanité, et que nous aimions l'humiliation en tout lieu, ijn tout temps et en toutes choses, selon ce divin commandement : Humilia te in omnibus'; non pas afin d'être exaltés et glorifiés ensuite, mais afin que Dieu soif glorifié et exalté en nous. Car celui qui s'exalte abaisse Dieu, et celui qui s'abaisse exalte Dieu.

La huitième interprétation est de Rutilius Benzonius-, qui a été évèque de Lorette, et de plusieurs autres, qui nous déclarent que Maria signifie Dei imilatri.r, « l'imitatrice de Dieu par excellence » ; car il ne s'est jamais vu et il ne se verra jamais aucune créature qui ait imité son Dieu si parfaitement dans ses adorables perfections, comme notre incomparable Marie. C'est pourquoi saint Ghrysostome dit que c'est un abîme des immenses perfections de Dieu : .1 byssus immensarurn Deiperfrciionum3 ; et saint André de Crète, que c'est un abrégé des incompréhensibles perfections de la Divinité : Compendium incomprehensibilium perfectionum Dei*.

0 ma divine Mère, je désire de tout mon cœur porter in moi l'image de vos rares vertus, par une soigneuse imitation, comme vous portez l'image des perfections de votre Père céleste, obtenez-m'en la grâce, s'il vous plaît, et anéantissez en moi tout ce qui y peut mettre empêchement.

La neuvième interprétation est de Canisiuss, de la Compagnie de Jésus, et d'autres auteurs, qui assurent que Marin signifie : Pluvia temporanea maris. « pluie de

1. Eccli. III, 20. — 2. Lib. 2 sup. Magn. cap. 22, 65. S. In Ilor. ani. Voir ci-dessus, page 210, note 5. 't. Orat. de Assumpt. — 5. Lib. I, cap. 1.

l'IIK.MlKUE PARTIE. -- CIlAl'ITUE \l\ 21-"<

la mer, qui vienL au temps et en la saison convenable » ; ce qui nous fait voir que la sacrée Vierge est notre consolation dans les afflictions de cet exil, parmi les périls de la mer orageuse de ce monde. Car elle est comme une douce pluie qui tempère les ardeurs du feu de la tribulation, et qui adoucit, au temps et en la manière qoii est ■convenable, les amertumes des misères de cette vallée de larmes, et qui, arrosant la terre de nos cœurs, la rend fertile et abondante en fleurs et en fruits de bons désirs et de saintes actions.

0 sainte et sacrée pluie, venez fondre dans nos âmes et •sur nos cœurs ; éteignez-y tout autre feu que celui que notre Sauveur est venu allumer en la terre, et les novez dans les torrents sacrés de vos divines eaux.

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