‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 23 sur 303 · A TOUTES LES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

A TOUTES LES RELIGIEUSES

De saint Benoît, de sainte Ursule, de la Congrégation de Notre-Dame, de la Visitation, et à toutes les personnes qui s'emploient à l'instruction des petites filles, pour leur apprendre à craindre et aimer Dieu.

C'est une faveur très signalée, dont la divine Bonté vous a honorées , mes chères Sœurs, de vous avoir appelées à une profession en laquelle vous êtes associées avec les hommes apostoliques qui travaillent au grand œuvre du salut des âmes, qui est, dit le grand saint Denis, la chose la plus divine de toutes les choses divines1.

Car l'emploi que vous avez au regard des petites filles qui sont dans vos monastères, pour leur apprendre à vivre en la crainte et en l'amour de Dieu, est une fonction tout à fait apostolique, à laquelle la divine Providence vous applique, par un privilège spécial et par une bonté toute particulière, dont vous ne pourrez jamais lui rendre assez de grâces.

Mais sachez, mes chères Sœurs, que cette grande faveur vous oblige à deux grandes choses, dont la première est que vous travailliez à acquérir les vertus apostoliques, c'est-à-dire, une profonde humilité, un parlait dégagement de vous-mêmes et de toutes choses, un grand zèle pour le salut des âmes, une charité cordiale, une singu Hère douceur et mansuétude, un ardent amour vers Dieu

l.« Omnium divinorum divinissimum est, Deo cooperari in conversione errantium et peccantium. » Du cœl. Ilierarck., cap. 3.

T>2 L'ENFANCE ADMIIIABLE

et une dévotion très particulière vers la très sainte Vierge.

La seconde, que vous fassiez tout ce que vous pourrez pour mettre l'esprit du christianisme dans les cœurs de ces enfants, afin qu'elles ne sortent point de vos mains qu'elles ne soient vraiment chrétiennes. Pour cette fin vous devez faire sept choses.

Premièrement, leur apprendre toutes les choses qu'un chrétien doit croire pour vivre en chrétien, qui sont contenues dans les catéchismes.

Secondement, leur graver dans le cœur la haine du péché, spécialement de trois sortes de péchés, à savoir: En premier lieu, des péchés qui sont directement contre Dieu, comme la profanation des saints lieux, par les irrévérences qui s'y commettent en plusieurs manières ; la profanation des saints jours, c'est-à-dire des dimanches e-f des fêtes, et le mauvais usage des Sacrements. En second lieu, des péchés contraires à la charité, comme les haines, les vengeances, les envies, les médisances, les paroles injurieuses et piquantes, les railleries et moqueries, les larcins, les tromperies, les mensonges et autres semblables. En troisième lieu, des péchés contraires à la pureté, en pensées, en volontés, en paroles et en actions ; et de toutes les choses qui combattent cette vertu angélique, comme les bals, les danses, les comédies, la lecture des romans ou d'autres livres semblables, les mouches qu'on met sur le visage, la nudité du sein, des épaules et des bras.

Troisièmement, leur imprimer dans l'àme une haute estime et un grand amour pour toutes les vertus chrétiennes, spécialement pour l'humilité, pour l'obéissance, pour la patience, pour la chasteté, et surtout pour la charité vers le prochain et l'amour vers Dieu.

Quatrièmement, leur graver dans l'esprit et dans le cœur une haute opinion et une ardente affection pour les maximes évangéliques, qui nous prêchent le mépris des

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