CHAPITRE XI
Méditation sur l'obéissance de la bienheureuse Vierge dans sa sainte Enfance.
PREMIER POINT
Considérez que Dieu ne nous ayant mis au monde que pour faire sa sainte volonté, nous devons regarder et aimer cette adorable Volonté qui est notre premier principe, comme notre fin dernière, et par conséquent comme notre souverain bien, et comme notre centre dans lequel nous trouverons le repos de notre esprit, la paix de notre cœur, notre parfaite félicité et notre vrai paradis : Et qu'au contraire notre propre volonté étant tout à fait opposée à la volonté de Dieu, nous la devons regarder et haïr comme son ennemie jurée et la nôtre; nous la devons traiter, selon les sentiments de saint Bernard, comme une bète très méchante, comme une louve ravissante» comme une lionne très cruelle, comme la source de l'enfer, et sans laquelle il n'y aurait point d'enfer, comme la mère de toutes les abominations de la terre, comme un serpent plein de venin, comme une détestable homicide qui donne la mort à nos corps et à nos âmes, et même comme une exécrable déicide, qui tue Dieu, dit saint Bernard, autant qu'il est en elle : Ipsum, quantum in se est, Deum périrait '.
Considérez que notre bienheureuse Enfant ayant connu très clairement toutes ces vérités dès le commencement de sa vie, par la grande lumière dont elle était remplie, a renoncé entièrement à sa volonté, quoiqu'elle ne fût pas corrompue et dépravée par le péché, comme la nôtre ; et s'est tellement attachée à la divine Volonté, que jamais depuis elle ne s'en est séparée pour peu que ce soit, mais