TROISIÈME PARTIE. — § XI
les services qu'elle a rendus à son Fils Jésus-Christ Notre-Seigneur ; lui référer notre être et notre vie après Dieu ; nous mettre en sa dépendance et la prier de prendre la conduite de tout ce qui nous regarde ; nous donner et assujettir à elle en qualité d'esclaves, la suppliant qu'elle prenne un plein pouvoir sur nous, comme sur une chose qui est entièrement sienne ; qu'elle dispose de nous comme il lui plaira pour la gloire de son Fils ; qu'elle daigne se servir de toutes nos actions pour honorer celles de son Fils ; et qu'elle nous associe à tout l'amour et à toutes les louanges qu'elle lui a jamais rendues et qu'elle lui rendra à toute éternité.
Et il est hon de lui rendre ces devoirs tous les jours, et plus spécialement une fois la semaine, ou pour le moins une fois par mois.
A cette fin vous pourrez vous servir d'une oraison à la sainte Vierge qui est en la première partie, page 148, et d'une autre élévation qui est ci-après, page 343.
3. Nous pouvons et devons honorer cette très honorable Vierge par pensée et considération d'esprit, considérant la sainteté de sa vie et la perfection de ses vertus ; par paroles, prenant contentement à parler et entendre parler de ses excellences ; par actions, lui offrant nos actions en l'honneur et union des siennes; par imitation, tâchant de l'imiter en ses vertus, spécialement en son humilité, en sa charité, en son pur amour, en son dégagement de toutes choses et en sa pureté toute divine : la pensée de laquelle doit mettre en nous un puissant désir de fuir, de craindre et d'avoir en horreur plus que la mort, les moindres choses contraires à la pureté, soit en pensée, ou en parole, ou en action.
Enfin nous pouvons honorer la sacrée Vierge par quelque prière ou exercice de dévotion, comme le chapelet dont l'usage doit être commun à tous les chrétiens, et l'office de Notre-Dame, que nous devons réciter en union de l'amour et de la dévotion de son Fils Jésus vers
elle, et en l'honneur de la vie de son Fils et de la sienne, et de leurs vertus et actions, en la manière qui sera proposée sur ce sujet en la VIe partie.
J'ajouterai encore ce mot, que, comme nous devons honorer en chaque année quelque mystère particulier de Jésus, ainsi qu'il a été dit par ci-devant, aussi il est bon de choisir tous les ans, au jour de l'Assomption de la sainte Vierge, quelqu'un des mystères de sa vie, pour lui rendre quelque honneur particulier durant l'année. C'est pourquoi j'ai mis ici les principaux.
XII. — Les principaux états et mystères de la vie de la sainte Vierge1.
Les principaux états et mystères de la vie de la très sainte Vierge sont : sa Conception ; sa résidence dans les bienheureuses entrailles de sainte Anne sa mère ; sa Naissance ; le jour auquel elle a reçu le saint nom de Marie, qui fut huit jours après sa naissance2; saPrésen-
* Le V. P. Eudes fit célébrer dans sa Congrégation des fêtes en l'honneur du Mariage de la Bienheureuse Vierge avec saint Joseph, de Notre-Dame de Pitié, de l'Apparition de Notre-Seigneur à sa sainte Mère après sa résurrection, des Joies de la Bienheureuse Vierge, de Notre-Dame des Anges, du saint Nom de Marie, de Notre-Dame de la Victoire, de la Sainte-Enfance, de l'Expectation et surtout du T. S. Cœur de Marie. Il avait lui-même composé des offices propres pour plusieurs de ces fêtes. Cf. Le Doré, Les Sacrés- Cœurs et le V. J. Eudes, tom. I, p. 18.
1 « Apud Hebrasos mos inolevit octavo die infantibus nomen imponere, quo die juxta legem circumcidebantur : de fœminis autem nihil certi reperitur. Forsan enim octavo quoque die ipsis nomen indebatur... Cui existimationi subsidiantur ritus aliquarum eccle siarum in Hispania, nempe Toletanse, Conchensis, et aliae in Castella, quae diem 15 septembris vel, quia hic impediri solet, 17 diem septembris auctoritate Pontificia Mariani nominis impositioni dedicarunt... Aliqui in ea sunt sententia, ut asserant, sicut maribua tran. sactis septem immunditiae diebus, octavo die, quo circumcisio fiebat, nomen imponebatur : ita si militer post duas hebdomadas ; quibus immunda erat mater, juxta ritum menstrui, ut docet Moyses