‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 155 sur 252 · QUATRIÈME PARTIE. — § V · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — § V

pli de votre louange en tant de manières ! Oh ! que je suis coupable, et quelle confusion pour moi de voir que les créatures insensibles me font ma leçon, en ce qui est de la gloire que je dois rendre à votre divine Majesté ! 0 Seigneur, permettez-moi de me joindre à toutes les bénédictions qui vous sont données continuellement par toutes vos créatures. 0 chères créatures de mon Dieu, bénissez-le, louez-le, et l'exaltez pour moi en tous les siècles : Benedicite omnia opéra Domhn Domino, laudate et superexaltate p. uni in sœcula1. 0 divin Créateur, ne permettez pas que je vive en la terre, que pour vous bénir incessamment avec toutes vos créatures.

Le second état qui est dans le monde, c'est l'état des méchants, c'est-à-dire, de ce ceux qui sont ou sans connaissance, ou sans amour au regard de vous, ô très bon Jésus, et qui commencent à faire en la terre ce que les damnés font dans l'enfer, c'est-à-dire, à vous déshonorer et offenser continuellement. Que je supplée à leur défaut, ô mon Jésus, par l'aide de votre grâce ; que je vous aime et bénisse pour eux et pour toutes les faveurs que vous leur avez faites, dont ils ne vous savent aucun gré ; et que je réfère et sacrifie à votre gloire l'être, la vie et les perfections naturelles que vous leur avez données comme choses miennes, puisque tout ce qui est à vous est à moi, ainsi que je vous ai référé et sacrifié l'être, la vie et les perfections naturelles de ceux qui sont dans l'enfer.

Le troisième état que je vois dans le monde, ô Jésus, c'est l'état des bons, lequel comprend une grande quantité de saintes âmes vivant dans le monde et dans plusieurs communautés religieuses, qui sont employées à vous louer incessamment, avec une telle affection et un tel ordre, qu'il ne se passe heure ni moment au jour et en la nuit, que vous ne receviez beaucoup de gloire et de

i Dan. III, 57.

louanges par elles. C'est de quoi je me réjouis infiniment, ô mon Dieu, et je désire, s'il vous plaît, m'unir à toutes les bénédictions qui vous ont été, sont et seront données en la terre par toutes les âmes qui vous appartiennent. De la terre je m'élève au ciel, là où je vois votre Père éternel, votre Saint-Esprit, votre bienheureuse Mère, avec tant de millions de Séraphins, de Chérubins, de Trônes, de Dominations, de Vertus, de Puissances, de Principautés, d'Archanges, d'Anges, de Patriarches, de Prophètes, d'Apôtres, de Martyrs, de Prêtres, de Confesseurs, de Vierges, de Veuves, d'Innocents et d'autres Saints, qui sont perpétuellement occupés à vous aimer et glorifier de toutes leurs forces et avec tant d'amour et d'application! Ah! mon cher Jésus, que j'ai de contentement de vous voir tant aimé et magnifié ! Je vous offre toute cette gloire et ces louanges. 0 Père de Jésus, Saint- Esprit de Jésus, Mère de Jésus, Anges de Jésus, Saints et Saintes de Jésus, associez-moi s'il vous plaît à toutes les bénédictions que vous donnez à mon Seigneur Jésus, et me faites participant de l'amour, de l'attention, de la pureté et sainteté avec laquelle vous le louez incessamment, afin que je le loue avec vous et que je commence à faire, ici-bas en la terre, ce que j'espère et désire faire éternellement avec vous dans le ciel.

0 très divin Jésus, je me réjouis infiniment de ce que vous êtes si plein de grandeur et de perfection, et en suite si digne de gloire et de louange, que toutes les créatures ensemble, qui sont au ciel et en la terre, ne peuvent point vous louer dignement, votre mérite et votre louange surpassant infiniment toute la capacité du ciel et de la terre à vous louer, selon ces paroles de votre Prophète royal : Confessio ejus super cœlum et terrain1 . Il n'y a que votre Père et votre Saint-Esprit qui vous donnent une louange digne de votre grandeur infinie. Toutes les

1 Ps. CXLVIII, 14.

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