CINQUIÈME PARTIE. — $ K
de très pur amour. Jésus n'ayant point d'autre occupation en cette sienne vie, que d'aimer son Père, de nous aimer pour son Père, d'aimer, bénir et glorifier son Père pour nous, de nous offrir à son Père et d'intercéder pour nous envers son Père ! 0 vie très suinte, très pure et très divine ! 0 vie pleine d'une joie et d'une réjouissance inénarrable ! 0 vie jouissant de toute la plénitude de gloire, de grandeur et félicité, qui est en Dieu î 0 mon cher Jésus, que de joie pour mon cœur de vous voir vivant d'une telle vie ! Oh ! qu'à jamais soit béni votre Père 1res aimable de vous avoir établi en cette vie !
2 0 aimable Jésus, non seulement vous êtes vivant en vous-même d'une vie glorieuse et bienheureuse, mais aussi en tous les Anges et en tous les Saints qui sont avec vous dans le ciel. Car c'est vous qui êtes vivant en eux, qui leur communiquez votre vie glorieuse et immortelle, et qui êtes glorieux et bienheureux en eux. C'est vous qui êtes tout et faites tout en eux, selon ce témoignage de votre Apôtre : Omnia in omnibus1. C'est vous qui adorez, qui louez et qui aimez votre Père éternel et vous-même en eux et par eux. Béni soyezvous pour toutes ces choses, ô bon Jésus. Je vous réfère et vous offre la vie glorieuse et bienheureuse de tous les habitants du ciel, avec tout l'amour et les louanges qu'ils vous rendent et rendront à jamais, en hommage de la vie bienheureuse et glorieuse que vous avez en vousmême. Et je prie tous vos Anges et vos Saints de vous aimer et glorifier pour moi, et de m'associera tout l'amour et la gloire qu'ils vous rendent et rendront éternellement.
3. O très désirable Jésus, je sais que, comme vous m'aimez infiniment, et que vous désirez très ardemment, par le zèle extrême que vous avez de votre gloire, d'être parfaitement aimé et glorifié en moi : qu'aussi vous avez
« I Cor. XII, 6 ; Eph. I, 23.
un désir extrême et infini de m'attirera vous dans le ciel, afin de vivre en moi parfaitement et d'y établir pleinement le royaume de votre gloire et de votre amour Car vous ne vivrez et régnerez point parfaitement en moi pendant que je serai en la terre. C'est pourquoi, mon Sauveur, je ne veux plus vivre en la terre que pour soupirer et languir incessamment après le ciel. Ciel ! ô ciel, que tu es désirable, que tu es aimable ! Ah ! Dieu du ciel, quand sera-ce que je verrai votre sainte face ? Hé ! quand sera-ce que vous vivrez en moi pleinement, et que je vous aimerai parfaitement? 0 vie terrestre, que tu es dure, que tu es insupportable ! O Dieu de ma vie et de mon cœur, que cette vie est longue et cruelle, en laquelle vous êtes si peu aimé et tant offensé ! Mais ce qui me console, Seigneur, c'est que votre grand Apôtre m'annonce que je suis avec vous dès maintenant dans le ciel, et que j'y suis vivant en vous et avec vous de votre propre vie. Car ce divin Apôtre m'assure que votre Père nous a vivifiés et ressuscites, et fait asseoir ensemble avec vous et en vous dans le ciel : Convivificavit nos in Chris to, et conresuscitavit, et consedere fecit in caelestibus in Christo Jesu1. De sorte que je suis vivant avec vous dans le ciel, ô mon Jésus ; j'y ai part à tout l'amour, la gloire et les louanges que vous y rendez à votre Père, tant par vous-même que par vos Anges et vos Saints. Voire je puis dire, pourvu que je sois uni avec vous par votre grâce, que j'aime, que je loue, et que je glorifie incessamment et très parfaitement, en vous et avec vous, mon Père éternel et le vôtre, du même amour, louange et gloire dont vous le glorifiez et aimez. Parce que, n'étant qu'un avec vous, comme le membre n'est qu'un avec son chef, je puis dire, avec saint Augustin, que je suis là où est mon chef, que je vis de sa vie, que tout ce qui est à lui est à moi, que j'ai part à tout ce qu'il fait, que
1 Epk. II, 5.