XXX ŒUVRES DU V. .1. EUDES
pour la gloire de Dieu et pour la sanctiiicatiou de vos âmes. »
Ainsi donc, — et c'est encore la réflexion du R. P. Hamon déjà cité, — « le vénérable Instituteur ne semble pas supposer que ses disciples puissent aller chercher ailleurs ce dont ils ont besoin. Comme un bon père, il y a pourvu de sa propre substance. Non pas qu'il s'imagine que d'autres auteurs n'aient pu traiter les mêmes sujets aussi bien ou mieux que lui, — il avait trop d'humilité pour le penser ; — mais il croyait et il avait raison de croire qu'il avait écrit pour obéir à l'esprit de Dieu, et par conséquent de la manière la plus propre à exprimer et à réaliser l'idéal parfait de la mission spéciale que Dieu lui avait confiée ainsi qu'à ses familles religieuses '. »
C'est donc là, nous le répétons, c'est dans l'ensemble de ses précieux ouvrages, c'est dans leur étude et leur méditation approfondie que nous puiserons les lumières pures qui doivent nous éclairer dans le chemin de la perfection ; c'est là que nous irons chercher une règle sage et parfaite pour travailler avec fruit à nos œuvres apostoliques; et nous bénirons Dieu de nous donner ainsi, à l'heure de 1 dispersion et de l'épreuve, le moyen de remonter de plus en plus aux sources vives de notre première institution, et de nous ranimer dans l'esprit primitif de nos chers Instituts.
1 Notes du R. P. Hamon, déjà indiquées.
préface <;i;nkrale XXXI
Encore un mot sur la présente édition des œuvres complètes du Vénérable P. Eudes.
Au lieu de suivre Tordre chronologique de ses ouvrages, nous les rangerons par catégories, et nous donnerons successivement ses œuvres de vie chrétienne, ses livres sur la vie sacerdotale, ses (puvres Mariales, ses écrits sur la vie religieuse, ses lettres et opuscules spirituels, enfin ses oeuvres liturgiques.
Pour mieux permettre à tous les lecteurs de saisir, de goûter et d'approfondir l'admirable enseignement du pieux Apôtre, nous ferons précéder chacun de ses livres d'une introduction soit doctrinale soit historique, selon le besoin.
Nous nous ferons un devoir de respecter scrupuleusement le texte du vénérable auteur. S'il est un peu vieilli, il reste très compréhensible. Le P. Eudes parle correctement la langue française de son époque. Ce n'est pas encore le style du grand siècle, la langue de Bossuet, de Massillon et de Fléchier ; c'est le style du règne de Louis XIII avec ses périodes et ses tournures quelque peu latines. Du reste sa diction est simple, claire, naturelle. On sent qu'il s'oublie luimême et qu'il dédaigne les vains ornements de la rhétorique ; mais, quand il laisse parler son cœur tout embrasé de l'amour divin ou brûlant du zèle des âmes, il s'élève parfois jusqu'aux accents de la plus sublime éloquence.
Pour donner à la plupart des ouvrages du saint Missionnaire une couleur presque moderne, et les faire goûter aujourd'hui du grand public comme ils
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le furent autrefois, il suffirait, croyons-nous, d'y corriger quelques termes surannés, de modifier légèrement quelques formes, quelques tournures archaïques,de retrancher quelques superlatifs, quelques épithètes surabondantes, et de couper par-ci par-là quelques phrases un peu longues. D'autres que nous pourront faire un jour ce travail intéressant, s'il leur plait de l'entreprendre. Ce que nous tenons à publier aujourd'hui, c'est une édition ne varietur absolument exacte ; nous ne pouvons donc modifier en rien l'œuvre de l'auteur. Nous craindrions d'ailleurs de mutiler une relique et d'enlever au texte cet accent de piété qu'y a mis le bon P. Eudes.
Mais il n'en est pas de même de l'orthographe et de la ponctuation, qu'il n'y a aucun intérêt à conserver. En y substituant l'orthographe et la ponctuation modernes, nous rendrons la lecture des livres du pieux apôtre plus agréable et plus facile au commun des lecteurs.
Si parfois, dans le même but, nous croyons devoir ajouter un mot ou un titre au texte de l'auteur, nous aurons soin de les enclaver entre [ ]. Cette précaution permettra du premier coup d'en reconnaître l'origine.
Dans plusieurs de ses ouvrages, le Vénérable suggère au lecteur des prières ou des élévations dont il donne lui-même les formules. Lorsqu'elles se trouvent intercalées dans ses explications et qu'elles ne sont pas en caractères italiques, nous les mettrons entre « », afin qu'on puisse plus facilement les distinguer.
Enfin nous indiquerons en note, autant du moins que la chose nous sera possible , les passages des
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autours cités, et aussi les faits et les doctrines qui pourront aider à l'intelligence du texte. Ce travail exigera de notre part beaucoup de recherches ; nous espérons qu'il ne sera pas inutile, mais qu'il contribuera à faire apprécier des écrits qui doivent être si chers à tous les enfants du Vénérable P. Eudes.
En la fête du très saint Cœur de Marie, 8 février