‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 58 sur 252 · PREMIÈRE PARTIE. — § XIII · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — § XIII

instamment qu il vous rende participant de son esprit de pénitence, et qu'il vous donne la grâce de connaître vos péchés, de les haïr et détester autant qu'il le désire, de les confesser clairement, d'y renoncer absolument, et de vous convertir parfaitement à lui, en renonçant à toutes les occasions du péché, et en vous servant des remèdes nécessaires pour la guérison des plaies de votre àme. A cette fin vous pourrez vous servir de la prière suivante, ou de quelque autre semblable.

0 mon très cher Jésus , vous contemplant dans le jardin des Olives, à l'entrée de votre sainte Passion, je vous vois prosterné contre terre devant la face de votre Père, au nom de tous les pécheurs, comme vous étant chargé de tous les péchés du monde et des miens en particulier, que vous avez rendus vôtres en quelque manière. Je vois que par votre divine lumière vous vous mettez tous ces mêmes pééhés devant les yeux, pour les confesser à votre Père au nom de tous les pé cheurs, pour en porter l'humiliation et la contrition devant lui, et pour vous offrir à lui afin d'en faire la satisfaction et pénitence qu'il lui plaira. En suite de cette vue de l'horreur de mes crimes, et du déshonneur qui est rendu à votre Père par eux, je vous vois réduit, ô bon Jésus, dans une étrange agonie, dans une horrible tristesse, et dans une douleur et contrition si extrême, que la violence de la douleur rend votre bénite àme triste jusqu'à la mort, et vous fait suer jusqu'au sang en telle abondance que la terre en est toute baignée.

O mon Sauveur, je vous adore, je vous aime et glorifie dans cet état et dans cet esprit de pénitence auquel votre amour et mes offenses vous ont réduit. Je me donne à vous pour entrer maintenant avec vous dans cet esprit. Faites-moi participant, s'il vous plaît, de cette lumière par laquelle vous avez pris connaissance de mes fautes, afin que je les connaisse pour m'en accu-

ser et les détester. Faites-moi participant de l'humiliation et contrition que vous en avez portée devant votre Père, comme aussi de l'amour avec lequel vous vous êtes offert à lui pour en faire pénitence, et de la haine et horreur que vous avez du péché, et me donnez la grâce de faire cette confession avec une parfaite humilité, sincérité et repentance, et avec une ferme et puissante résolution de ne vous offenser plus à l'avenir

0 Mère de Jésus, obtenez-moi, s'il vous plaît, ces grâces de votre Fils.

0 mon saint Ange gardien, priez Notre-Seigneur pour moi, qu'il me donne la grâce de connaître mes péchés, de les bien confesser, d'en avoir une vraie contrition, et de me convertir parfaitement.

2. Ayant fait cette prière, il faut vous examiner soigneusement , et tâcher de vous souvenir des péchés que vous avez commis depuis votre confession dernière; puis, les ayant reconnus, essayer de former en votre cœur un vrai regret, une parfaite repentance et contrition d'avoir offensé un si bon Dieu, lui demandant pardon de vos fautes, les détestant et y renonçant parce qu'elles lui déplaisent, prenant une ferme résolution de vous en séparer à l'avenir, moyennant sa grâce, d'en fuir toutes les occasions et de vous servir des moyens propres et efficaces pour parvenir à une véritable conversion, qui est ce en quoi consiste la contrition.

Mais, parce que cette même contrition est extrêmement nécessaire et importante, non seulement dans la confession, mais encore en plusieurs autres occasions , je désire vous faire voir plus particulièrement en quoi elle consiste, quand et comment il faut faire des actes de contrition ; et ce sera après vous avoir dit la troisième chose requise pour la perfection de la confession, et ce qu'il faut faire après s'être confessé.

PREMIÈRE l'AHÏIE. — S XIV . 129

3. La troisième chose que vous avez à faire pour faire une parfaite confession, est que vous alliez aux pieds du prêtre, comme de celui qui vous représente la personne et qui vous tient la place de Jésus-Christ ; et que vous y alliez en qualité de criminel de lèse-majesté divine, avec un grand dessein de vous humilier et confondre, de prendre le parti de Dieu contre vous-même, comme contre son ennemi, en tant que pécheur, et de vous revêtir du zèle de sa justice contre le péché, et de la haine infinie qu'il lui porte; comme aussi avec une puissante résolution de confesser humblement, entièrement et clairement tous vos péchés, sans les déguiser, excuser, ni rejeter sur autrui, mais de vous en accuser comme si vous étiez à l'article de la mort. Car vous devez considérer qu'il vaut bien mieux dire ses péchés à l'oreille d'un prêtre, que d'en avoir la honte au jour du jugement devant tout le monde, et être damné pour jamais ; et d'ailleurs que nous devons embrasser de bon cœur la peine et la confusion qu'ilyaà confesser nos péchés, pour rendre hommage à la confusion et aux tourments que Notre-Seigneur Jésus-Christ a soufferts en la croix pour ces mêmes péchés, comme aussi pour glorifier ce même Seigneur par cette humiliation, nous souvenant que tant plus nous nous abaissons, tant plus il est exalté en nous.

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