SCÈNE X Les Mêmes, hor» PAQUITA
FAUSTINE
Je ne suis point encore la marquise de Frégose ; commei vous donner des ordres chez moi?
DON FRÉGOSE
C'est à moi d'en recevoir, je le sais. Ma fortune vaut-elle vos paroles? Pardonnez à un mouvement de désespoir.
FAUSTINE
On doit être gentilhomme jusque dans son désespoir; et fait de Faustine une courtisane. Ah! vous voulez être a Mais la dernière Vénitienne vous dirait que cela coûte tr
DON FRÉGOSE
J'ai mérité cette terrible colère.
FAUSTINE
Vous dites aimer? Aimer! c'est se dévouer sans atte moindre récompense; aimer! c'est vivre sous un autre solei on tremble d'atteindre. N'habillez pas votre, égoïsme de deurs du véritable amour. Une femme mariée, Laure de I dit à Pétrarque : « Tu seras à moi sans espoir, reste dans la amour. » Mais l'Italie a couronné l'amant sublime en couroi poëte, et les siècles à venir admireront toujours Laure trarque !
Je n'aimais déjà pas beaucoup les poètes, mais cek
l*e;xècre! Toutes les femmes jusqu'à la fin du monde le jetteront à la tête des amants qu'elles voudront garder sans les prendre.
FA USTINE.
On vous dit général, vous n'êtes qu'un soldat.
DON FRÉGOSE
Eh bien, en quoi puis-je imiter ce maudit Pétrarque?
FAUSTINE
Si vous dites m' aimer, vous épargnerez à un homme de génie (Mouvement de surprise chez don Frégose.), oh ! il en a! le martyre que veulent lui faire subir des mirmidons. Soyez grand, servez-le! Vous souffrirez, je le sais, mais servez-le : je pourrai croire alors que vous m'aimez, et vous serez plus illustre par ce trait de générosité que par votre prise de Mantoue.
DON FRÉGOSE
Devant vous, ici, tout m'est possible; mais vous ne savez donc Pas dans quelles fureurs je tomberai tout en vous obéissant?
FAUSTINE
Ah
! vous vous plaindriez de m' obéir?
DON FRÉGOSE
Votas le protégez, vous l'admirez, soit; mais vous ne l'aimez pas?
FAUSTINE
lui refuse le vaisseau donné par le roi, vous lui en ferez la rettùse, irrévocable, à l'instant.
^ je l'enverrai vous remercier.
FAUSTINE
bien, vous voilà comme je vous aime.