SCÈNE XXII FAUSTINE, MATHIEU MAGIS
MATHIEU MAGIS
Madame a besoin de mes petits services?
Qui donc êtes-vous?
MATHIEU MAGIS
Mathieu Magis, pauvre lombard de Milan, pour vous servir.
FAUSTINE
Vous prêtez ?
MATHIEU MAGIS
Sur de bons gages, des diamants, de For, un bien petit o*^10 merce. Les pertes nous écrasent, madame. L'argent dort souv^^*3** Ah ! c'est un dur travail que de cultiver les maravédis. Une s^^1-*^ mauvaise affaire emporte le profit de dix bonnes, car nous ha^ar" dons mille écus dans les mains d'un prodigue pour en gagner £*"ols cents, et voilà ce qui renchérit ce prêt. Le monde est injus*-^ * notre égard.
FAUSTINE
Ètes-vous juif?
MATHIEU MAGIS
Comment l'entendez-vous?
FAUSTINE
De religion?
MATHIEU MAGIS
Je suis lombard et catholique, madame.
FAUSTINE
Ceci me contrarie.
JVladame m'aurait voulu...
FAUSTINE
Oui, dans les griffes de l'inquisition.
MATHIEU MAGIS
Et pourquoi?
FAUSTINE
r*our être sûr de votre fidélité.
MATHIEU MAGIS
J'ai bien des secrets dans ma caisse, madame.
FAUSTINE
Si j'avais votre fortune entre les mains...
MATHIEU MAGIS
Vous auriez mon âme.
FAUSTINE, à part.
11 faut se l'attacher par l'intérêt, cela est clair. (Haut.) Vous prêtez...
MATHIEU MAGIS
Au denier cinq.
FAUSTINE
Vous vous méprenez toujours. Écoutez : vous prêtez votre nom au seigneur Avaloros.
MATHIEU MAGIS
Je connais le seigneur Avaloros, un banquier; nous faisons quelques affaires, mais il a un trop beau nom sur la place et trop de crédit dans la Méditerranée pour avoir jamais besoin du pauvre
FAUSTINE
Tu es discret, lombard. Si je veux agir sous ton nom dans une affaire considérable...
MATHIEU MAGIS
La contrebande ?
FAUSTINE
<)ue t'importe ? Quelle serait la garantie de ton absolu dévoue- ^Qnt?
xvm. 43
THÉÂTRE
MATHIEU M AGIS
La prime à gagner.
FAUSTINE, à part.
Quel beau chien de chasse I (Haut.) Eh bien, venez, vous allez ôtre chargé d'un secret où il y va de la vie, car je vais vous donner un grand homme à dévorer.
MATHIEU MAGIS
Mon petit commerce est alimenté par les grandes passions : belle femme, belle prime .