‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 15 sur 325 · SCÈNE PREMIÈRE JOSEPH, LE DUC · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE JOSEPH, LE DUC

Joseph achève de faire le salon.

JOSEPH, à part.

Couché si lard, levé si matin, et déjà chez madame ! il y a quelque chose. Ce diable de Jacques aurait-il raison?

LE DUC

Joseph, je ne suis visible que pour une seule personne ; si elle se présente, vous l'introduirez ici. C'est un M. de Saint-Charles. Sachez si madame peut me recevoir. (Joseph sort.) Ce réveil d'une maternité que je croyais éteinte m'a surpris sans défense. Il faut que cette lutte encore secrète soit promptement étouffée. La résignation de Louise rendait notre vie supportable; mais elle est odieuse avec de pareils débats. En pays étranger, je pouvais dominer ma femme; ici, ma seule force est dans l'adresse et dans le concours du pouvoir. J'irai tout dire au roi, je soumettrai ma conduite à son jugement, et madame de Montsorel sera forcée de lui obéir. J'attendrai cependant encore. L'agent qu'on va m'envoyer pourra, s'il est habile, découvrir en peu de temps les raisons de cette révolte : je saurai si madame de Montsorel est seulement la dupe d'une ressemblance, ou si elle a revu son fils après me l'avoir soustrait et s'être jouée de moi depuis douze ans. Je me suis emporté cette nuit. Si je reste tranquille, elle sera sans défiance et livrera ses secrets.

THÉÂTRE

JOSEPH, rentrant.

Madame la duchesse n'a pas encore sonné.

LE DOC

C'est bien.

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