SCÈNE VI . QUINOLA, FONTANARÈS, FAUSTINE
FAUSTINE
Alfonso, je vous ai fait bien du mal !
FONTANARÈS.
Marie est morte, madame : je ne sais plus ce que veulent dire les mots mal et bien.
QUINOLA
Le voilà un homme.
FAUSTINE
Pardonnez-moi, je me dévoue à votre nouvel avenir.
FONTANARÈS.
Pardon ! ce mot est aussi effacé de mon cœur. Il y a des situations où le cœur se brise ou se bronze. J'avais naguère vingt-cinq ans; aujourd'hui, vous m'en avez donné cinquante. Vous m'avez Tait perdre un monde, vous m'en devez un autre...
QUINOLA
Oh! si nous tournons à la politique!...
Mon amour, Alfonso, ne vaut-il pas un monde?
FONTANARÈS.
Oui, car tu es un magnifique instrument et de destruction et de ruine. Maintenant, par toi je dompterai tous ceux qui jusqu'à présent m'ont fait obstacle : je te prends, non pour femme, mais pour Esclave, et tu me serviras.
FAUSTINE
Aveuglément.
FONTANARÈS.
Mais sans espoir de retour... tu le sais, il y a du bronze, là, < u m frappe le cœur.) Tu m'as appris ce qu'est le monde! 0 monde <içs intérêts, de la ruse, de la politique et des perfidies, à nous <lcux maintenant!
QUINOLA
Monsieur?
250 THÉÂTRE
FONTANARÈS.
Eh bien?
QUINOLÀ.
En suis-je ?
FONTANARÈS.
Toi, tu es le seul pour lequel il y ait encore une place dans mo cœur. A nous trois, nous allons...
FAOSTINE.
Oii?
FONTANARÈS.
En France.
FAUSTI NE.
Partons proniptement; je connais l'Espagne, et Ton y doit méc ter votre mort.
QUINOLA, au public.
Les ressources de Quinola sont au fond de l'eau ; daignez exc ser nos fautes, nous ferons sans doute beaucoup mieux à Pan: Décidément, je crois que l'enfer est pavé de bonnes inventions.
PAMÉLA GIRAUD