SCÈNE PREMIÈRE
GERTRUDE, seule d'abord; puis CHAMPAGNE.
GERTRUDE remonte ollc-môme une jardinière par le perron et la dépose daas ja
première pièce.
Ai-je eu de la peine à endormir ses soupçons! Encore une 011 deux scènes de ce genre, et je ne serai plus maîtresse de son espri t. Mais j'ai conquis un moment de liberté... Pourvu que Pauline n€ vienne pas me troubler!... Oh! elle doit dormir... elle s'est couchée si tard!... Serait-il possible de renfermer?... (eue va voir xj
porte de la chambre de Pauline.) NOIl!...
CHAMPAGNE, entrant.
M. Ferdinand va venir, madame.
GERTRUDE
Merci, Champagne. 11 s'est couché bien tard, hier?
CHAMPAGNE
M. Ferdinand fait, comme vous le savez, sa ronde toutes l*^s nuits, et il est rentré vers une heure et demie du matin. Je coud ^e au-dessus de lui, je l'entends.
GERTRUDE
Se couche-t-il quelquefois plus tard?
CHAMPAGNE
Quelquefois, c'est selon le temps qu'il met à faire sa ronde.
Bien, merci. (Champagne sort.) Pour prix d'un sacrifice qui dui 1 depuis douze ans, et dont les douleurs ne peuvent être comprise^^5 que par des femmes, car les hommes devinent-ils jamais de p^^^* reilles tortures! qu'avais-je demandé? bien peu! le savoir là, pru—^JS de moi, sans autre plaisir qu'un regard furtif de temps en terap^^'
LA MARATRE
ne voulais que cette certitude d'être attendue... certitude qui js suffit, à nous autres pour qui l'amour pur, céleste, est un g irréalisable. Les hommes ne se croient aimés que quand ils is ont fat tomber dans la fange! Et voilà comme il me récomise! il a des rendez-vous la nuit avec cette sotte de fille! Eh ra, il va prononcer mon arrêt de mort en face; et, s'il en a le irage, j'aurai celui de les désunir à jamais, à l'instant; j'en ai iwé le moyen... Ah! le voici! je me sens défaillir! Mon Dieu! arquoi nous faites-vous donc tant aimer un homme qui ne nous *e plus!