SCÈNE VIII GERTRUDE, PAULINE
Maintenant que nous sommes seules, voulez-vous savoir pourquoi j'ai fait appeler votre père? c'est pour lui dire le nom et quelle est la famille de Ferdinand.
THÉÂTRE
PAULINE
Madame, qu'allez-vous faire? Mon père, en apprenant que le fils du général Marcandal a séduit sa fille, ira tout aussi promptement que Ferdinand au Havre... il l'atteindra, et alors...
GERTRUDE
J'aime mieux Ferdinand mort que de le voir à une autre que moi, surtout lorsque je me sens au cœur pour cette autre autant de haine que j'ai d'amour pour lui. Tel est le dernier mot de notre duel.
PAULINE
Oh ! madame, je suis à vos genoux, comme vous étiez naguère aux miens. Tuons-nous si vous voulez, mais ne l'assassinons pas, lui!... Oh! sa vie, sa vie au prix de la mienne.
GERTRUDE
Eh bien, renoncez-vous?
PAULINE
Oui, madame.
GERTRUDE; elle laisse tomber son mouchoir dans le mouvement passiontrm & de sa phrase.
Tu me trompes! tu me dis cela, à moi, parce qu'il t'aime, qif II vient de m'insulter en me l'avouant, et que tu crois qu'il ne m* «m m— mera plus jamais... Oh! non, Pauline, il me faut des gages de ^ sincérité.
PAULINE , à part.
Son mouchoir!... et la clef de son secrétaire... C'est là qu renfermé le poison... Oh!... (Haut.) Des gages de sincérité, dite-=^"~ vous?... Je vous en donnerai... Qif exigez-vous?
GERTRUDE
Voyons, je ne crois qu'à une seule preuve : il faut épousé cet autre.
PAULINE
Je l'épouserai.
GERTRUDE
Et dans l'instant même échanger vos paroles.
PAULINE
Allez le lui annoncer vous-même, madame; venez ici avec im>u père, et...
LA MARATRE
GERTRUDE