SCÈNE XI Les Mêmes, JUSTIN, PIERQUIN
JUSTIN, à Julie.
Mademoiselle, M. Pierquin veut parler à monsieur votre père (Bas.) à propos de M. de la Brive, je crois.
JULIE
Mon père est par là. (Elle montre les appartements.)
PIERQUIN
Mademoiselle, je suis votre serviteur.
DE LA BRIVE
Pierquill ici! (Il se retourne et va lorgner des tableaux.)
PIERQUIN, à part.
Oh! mais c'est mon Michonnin!... tout est perdu! Ët moi qui, sachant qu'on le marie avec une héritière, venais pour ravoir ses lettres de change... Ce diable de Mercadet a du bonheur, il a su l'attirer chez lui!...
JULIE, à Pierquin.
Vous connaissez monsieur?
PIERQUIN
Petite rusée! je vois que vous êtes du complot, et vous le gardez, (a part.) Oh! je devrais avoir une jolie nièce!
JULIE
Qui est-ce?
PIERQUIN
Michonnin! un débiteur introuvable. Ne le lâchez pas, je vais .aller chercher le garde de commerce!
JULIE
Pour M. de la Brive?
PIERQUIN
Michonnin, pour nous!
JULIE
Ce monsieur n'est pas riche?
PIERQUIN
Un gibier de Clichy, qui a ses meubles sous le nom d'un ami...
JULIE
Ah! (Elle rit.)
PIERQUIN, à part.
Ah! Mercadet m'a volé. Ujuiie.) Amusez-le, et votre père pourra • me payer quarante-sept mille francs; car, une fois coffré, ce gaillard-là se fera délivrer par quelque belle dame. ( Justin reTient)
JULIE, à part.
Marié et coffré, c'est trop d'un !
JUSTIN, à Pierquin.
Monsieur est occupé, vous le savez, du mariage de mademoiselle, et vous prie de l'excuser...
Et avec qui?
JUSTIN
Mais avec Ce monsieur-là. ( II montre de la Brive. )
PIERQUIN
Oh! (a pan.) C'est marier deux faillites ensemble. Va-t-on rire à la Bourse!... J'y «ours, (n sort.)