SCÈNE VIII
Les Mêmes, GOULARD.
GO U LARD
Madame, pardonnez-moi de vous déranger, je ne veux pas être importun, je viens me mettre aux ordres de mon cher ami Mercadet...
M1NARD, à madame Mercadet.
Mais il est très-poli.
JULIE, à sa mère.
Mon père aura trouv.é quelque ressource...
MADAME MERCADET, à part.
Je le crains, (a Gouiard.) 11 va venir, monsieur.
GOULARD
J'ai su Févénement heureux qui change la face de vos affaires.
JULIE
Ah! monsieur, dites-nous la vérité, car nous n'en savons rien!
LE FAISEUR
GOULARD, à part.
Est-elle futée!...
Monsieur, je vous en supplie, quel événement?...
GOULARD
L'arrivée de son associé, de Godeau.
MADAME MERCADET
Ah! monsieur! — Ma fille!... Adolphe! ah! quel bonheur!... — Monsieur, vous avez vu Godeau! revient-il riche?...
GOULARD
Vous le savez bien, il a débarqué chez vous... vous donniez le dîner pour lui; mais il est arrivé trop tard...
MADAME MERCADET.'
Godeau ici!... cette nuit?
GOULARD
Oh ! j'ai vu sa berline.
JULIE
Oui, maman, ii est venu cette nuit une voiture...
MADAME MERCADET
Monsieur, personne n'est venu cette nuit chez moi, je vous le jure...
GOULARD
Très-bien, madame, vous entendez à merveille les intérêts de "M. Mercadet!... Il vous a fait votre leçon...
MADAME MERCADET
GOULARD
Mais il ne pourra pas longtemps nous cacher Godeau!... Nous attendrons... un mois, s'il le faut. D'ailleurs, cela se sait à la petite Bourse, où tous ses créanciers s'étaient donné rendez-vous ce matin. Godeau a déjà pris deux mille actions de la basse Indre... Mauvais début. On voit bien qu'il arrive des Indes, il ne connaît pas encore la place !
MADAME MERCADET
Monsieur, vous me parlez hébreu...
GOULARD
Eh bien, je vais parler français. Tenez, madame, je ferai un
THEATRE
petit -sacrifice sur ma créance, si vous voulez me donner les moyens de m'entendre avec Godeau...
JULIE
. Monsieur, ma mère et moi, nous lie comprenons rien aui affaires!...
GOULARD, A put.
Comme ce gaillard-là sait se servir de sa femme! et quel air d'ingénuité la fille et la mère savent prendre! Je me marierai!...
MADAME MERCADET, A Ooulari. j
Monsieur, je vais vous envoyer mon mari, (a m mie.) Je crains la hardiesse de ton père... S'il veut nous renvoyer, c'est qu'il a peur de nous. Oh! cette fois, je vais surveiller ses opérations. (Jti»«t
ta mère sortent.)