‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 41 sur 325 · VAUTRIN, LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, INÈS · texte numérisé non relu

VAUTRIN, LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, INÈS

LA DUCHESSE, à sa fille.

Mon enfant, vous avez des remercîments à faire au général.

(Elle lit sa lettre pendant une partie de la scène. )

INÈS

Des remercîments, monsieur? Et mon père me dit que, dans le nombre de vos missions, vous avez celle de me marier avec un seigneur Amoagos, sans tenir compte de mes inclinations !

VAUTRIN

Rassurez-vous, mademoiselle, il se nomme ici Raoul de Frescas.

INÈS

Raoul de Frescas, lui! Mais, alors, pourquoi son silence obstiné?

Faut-il que le vieux soldat vous explique le cœur du jeune homme? Il voulait de l'amour, et non de l'obéissance; il voulait...

INÈS

Ah! général, je le punirai de sa modestie et de sa détiance. Hier, il aimait mieux dévorer une offense que de révéler le nom de son père.

VAUTRIN

. Mais, mademoiselle, il ignore encore si le nom de son père est celui d'un coupable de haute trahison ou celui d'un libérateur de l'Amérique.

VAUTRIN. 85

INÈS

Ah ! ma mère, entendez-vous?

V ADTR1N , a part.

Connue elle l'aime! Pauvre fille, ça ne demande qu'à être abusé.

LA DUCHESSE

La lettre de mon mari vous donne, en effet, général, de pleins pouvoirs.

VAUTRIN

J'ai 1 es actes authentiques et les papiers de famille...

UN VALET, entrant.

Madame la duchesse veut-elle recevoir M. de Frescas?

VAUTRIN, à part.

Raoul ici!

LA DUCHESSE, au valet.

Faites entrer.

VAUTRIN

Bon ! le malade vient tuer le médecin.

LA DUCHESSE

ln^s, vous pouvez recevoir seule M. de Frescas, il est agréé par

VOtre J>£re. (Inès baise la main de sa mère.)

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