VAUTRIN, LA DUCHESSE DE CHRISTOVAL, INÈS
LA DUCHESSE, à sa fille.
Mon enfant, vous avez des remercîments à faire au général.
(Elle lit sa lettre pendant une partie de la scène. )
INÈS
Des remercîments, monsieur? Et mon père me dit que, dans le nombre de vos missions, vous avez celle de me marier avec un seigneur Amoagos, sans tenir compte de mes inclinations !
VAUTRIN
Rassurez-vous, mademoiselle, il se nomme ici Raoul de Frescas.
INÈS
Raoul de Frescas, lui! Mais, alors, pourquoi son silence obstiné?
Faut-il que le vieux soldat vous explique le cœur du jeune homme? Il voulait de l'amour, et non de l'obéissance; il voulait...
INÈS
Ah! général, je le punirai de sa modestie et de sa détiance. Hier, il aimait mieux dévorer une offense que de révéler le nom de son père.
VAUTRIN
. Mais, mademoiselle, il ignore encore si le nom de son père est celui d'un coupable de haute trahison ou celui d'un libérateur de l'Amérique.
VAUTRIN. 85
INÈS
Ah ! ma mère, entendez-vous?
V ADTR1N , a part.
Connue elle l'aime! Pauvre fille, ça ne demande qu'à être abusé.
LA DUCHESSE
La lettre de mon mari vous donne, en effet, général, de pleins pouvoirs.
VAUTRIN
J'ai 1 es actes authentiques et les papiers de famille...
UN VALET, entrant.
Madame la duchesse veut-elle recevoir M. de Frescas?
VAUTRIN, à part.
Raoul ici!
LA DUCHESSE, au valet.
Faites entrer.
VAUTRIN
Bon ! le malade vient tuer le médecin.
LA DUCHESSE
ln^s, vous pouvez recevoir seule M. de Frescas, il est agréé par
VOtre J>£re. (Inès baise la main de sa mère.)