‹ Œuvres complètesChapitre 100 sur 594 · ACTE II, «CÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, «CÈNE II

Qu'on fasse de TÉpire un second Ilion : Allez. Après cela direz-vous que je l'aime?

OflESTE.

Madame, faites plus, et venez-y vous-même. Voulez-vous demeurer pour otage en ces lieux ? Venez dans tous les cœurs faire parler vos yeux. Faisons de notre haine une commune attaque.

BERMIONE.

Mais, seigneur, cependant, s'il épouse Andromaque?

Hé , madame I

HERMIOXB.

Songez quelle honte pour nous Si d'une Phrygienne il devenoit l'époux !

ORESTE

Et vous le haïssez! Avouez-le, madame, L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une âme : Tout nous trahit , la voix , le silence , les yeux ; Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux.

HERMIONE

Seigneur, je le vois bien, votre âme prévenue Répand sur mes discours un venin qui la tue , Toujours dans mes raisons cherche quelque détour, Et croit qu'en moi la haine est un effort d'amour. Il faut donc m'expliquer : vous agirez ensuite. Vous savez qu'en ces lieux mon devoir m'a conduite : Mon devoir m'y retient; et je n'en puis partir Que mon père , ou Pyrrhus , ne m'en fassent sortir. De la part de mon père allez lui faire entendre Que l'ennemi des Grecs ne peut être son gendre ; Du Troyen ou de moi faites-le décider ;

. Qu'il songe qui des deux il veut rendre ou garder ; - ^ Enfin , qu'il me renvoie , ou bien qu'il vous le livre.

\ Adieu. S'il y consent, je suis prête à vous suivre.

t SCÈNE III. — ORESTE.

Oni , oui , vous me suivrez , n'en doutez nullement :

Je TOUS réponds déjà de son consentement.

-Je ne crains pas enfin que Pyrrhus la retienne : I U n'a devant les yeux que sa chère Troyenne ; ' Tout autre objet le blesse ; et peut-être aujourd'hui p 11 n'attend qu'un prétexte à l'éloigner de lui. ' Nous n'avons qu'à parler : c'en est fait. Quelle joie

D'enlever à l'Épire une si belle proie l

Sauve tout ce qui reste et de Troie et d'Hector , Garde son fils , sa veuve , et mille autres encor , Ëpire : c'est assez qu'Hermione rendue Perde à jamais tes bords et ton prince de vue. Mais un heureux destin le conduit en ces lieux. Parlons. A tant d'attraits, Amour, ferme ses yeuxl

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