‹ Œuvres complètesChapitre 114 sur 594 · SCÈNE I. — ANDROMAQUE, CÉPHISE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — ANDROMAQUE, CÉPHISE

CEPHISE.

Ah ! je n'en doute point : c'est votre époux , madame » C'est Hector qui produit ce miracle en votre âme ! IX veut que Troie encor se poisse relever

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Avec cet heureux fils qu'il vous fait conserfer. Pyrrhus vous l'a promis. Vous venez de renteadre , Madame : il n'attendoit qu'un mot pour vous le rendre. Croyez-en ses transports : père , sceptre , alliés , Content de votre cœur , il met tout à vos pieds ; Sur lui , sur tout son peuple il vous rend souveraine. Est-ce là ce vainqueur digne de tant de haine? Déjà contre les Grecs plein d'un noble courroux ^ Le soin de votre fils le touche autant que vous : Il prévient leur fureur; il lui laisse sa garde; Pour ne pas l'exposer , lui-même il se hasarde» Mais tout s'apprête au temple; et vous avez promis....

ANDROHAQUE.

Oui , je m'y trouverai. Mais allons voir mon fils.

CéPHISB.

Madame, qui vous presse? Il suffit que sa vue Désormais à vos yeux ne soit plus défendue. Vous lui pourrez bientôt prodiguer vos bontés , Et vos embrassemens ne seront plus comptés. Quel plaisir d'élever un enfant qu'on voit croître , Non plus comme un esclave élevé pour son maître, Mais pour voir avec lui renaître tant de rois 1

Céphise , allons le voir pour la dernière fois.

CéPHISE.

Que dites-vous? Oh dieux!

0 ma chère Céphise !

Ce n'est point avec toi que mon cœur se déguise ; Ta foi, dans mon malheur, s'est montrée à mes yeuz; Mais j'ai cru qu'à mon tour tu me connoissois mieux. Quoi donc! as-tu pensé qu'Andromaque infidèle Pût trahir un époux qui croit revivre en elle ; Et que, de tant de morts réveillant la douleur. Le soin de mon repos me fît troubler le leur? Est-ce là cette ardeur tant promise à sa cendre? Mais son fils périssoit , il l'a fallu défendre. Pyrrhus en m'épousant s'en déclare l'appui; Il suffit : je veux bien m'en reposer sur lui. Je sais quel est Pyrrhus : violent, mais sincère, Céphise , il fera plus qu'il n'a promis de faire. Sur le courroux des Grecs je m'en repose encor : Leur haine va donner un père au fils d'Hector. Je vais donc , puisqu'il faut que je me sftcnfief Assurer à Pyrrhus le reste de ma vie-,

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