‹ Œuvres complètesChapitre 119 sur 594 · ACTE lY, SCÈNE IlL 13S · texte numérisé non relu

ACTE lY, SCÈNE IlL 13S

HERMIONB.

Àh I c*en est trop , Beignear.

Tant de raisonnemens offensent ma colère. rai voulu vous donner les moyens de me plaire , Rendre Oreste content ; mais enfin je vois bien Qu'il veut toujours se plaindre , et ne mériter rien. Partez : allez ailleurs vanter votre constance , Et me laissez ici le soin de ma vengeance. De mes lâches bontés mon courage est confus , Et c'est trop en un jour essuyer de refus. Je m'en vais seule au temple où leur hymen s'apprête , Où vous n'osez aller mériter ma conquête : Là, de mon ennemi je saurai m'approcher; Je percerai le cœur que je n'ai pu toucher ; Et mes sanglantes mains , sur moi-même tournées , Aussitôt, malgré lui, joindront nos destinées; Et, tout ingrat qu'il est, il me sera plus doux De mourir avec lui que de vivre avec vous.

ORESTE

Non , je vous priverai de ce plaisir funeste , Madame : il ne mourra que de la main d* Oreste. Vos ennemis par moi vont vous être immolés , Et vous reconnoîtrez mes soins , si vous voulez.

HERMIONE

Allez. De votre sort laissez-moi la conduite.

Et que tous vos vaisseaux soient prêts pour notre Aiite.

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