‹ Œuvres complètesChapitre 130 sur 594 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

Cherchez -TOUS chez les morts quelque nouvel outrage? Et parce qu'elle meurt , faut-il que vous mouriez ?

ORESTB .

Elle meurt! Dieux! qu*entends-je !

PYLADE

Hé quoi ! vous l'ignoriez î En rentrant dans ces lieux nous Tavons rencontrée Qui couroit vers le temple , inquiète , égarée. Elle a trouvé Pyrrhus porté par des soldats Que son sang excitoit à venger son trépas. Sans doute à cet objet sa rage s'est émue. Mais du haut de la porte enfin nous l'avons vue Un poignard à la main sur Pyrrhus se courber , Lever les yeux au ciel , se frapper , et tomber.

ORESTE

Grâce aux dieux , mon malheur passe mon espérance ! Oui , je te bue , ô ciel , de ta persévérance ! Appliqué sans relâche au soin de me punir , Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir; Ta haine a pris plaisir à former ma misère ; J'étois né pour servir d'exemple à ta colèie, Pour être du malheur un modèle accompli. Hé bien 1 je meurs content , et mon sort est rempli. Où sont ces deux amans? Pour couronner ma joie, Bans leur sang , dans le mien , il faut que je me noie ; L'un et l'autre en mourant je les veux regarder : Réunissons trois cœurs qui n'ont pu s'accorder.... Mais quelle épaisse nuit tout à coup m'environne? De quel côté sortir? D'où vient que je frissonne? Quelle horreur me saisit? Grâce au ciel, j'entrevoi.... Dieux ! quels ruisseaux de sang coulent autour de moi l

PTLADE.

Ah, seigneur!

ORESTE

Quoi! Pyrrhus, je te rencontre encore l Trouverai-je partout un rival que j'abhorre ? Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé? Tiens, tiens, voilà le coup que je t'ai réservé. Mais que vois-je ? A mes yeux Hermione l'embrasse ! Elle vient l'arracher au coup qui le menace î Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi ! Quels démons , quels serpens traîne-t-elle après soi ? Hé bien! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes? Pour qui sont ces serpens qui sifflent sur vos têtes? A qui destioez-TOUs l'appareil qui vous suit?

ftAGOlI I 10

Tenez-Tous m'enlever dans Tétemelle nuit ? Venez , à vos fureurs Oreste s'abandonne. Mais non , retirez-vous , laissez faire Hermione : L'ingrate mieta que vous saura me déchirer , Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer.

PYLADE

Il perd le sentiment. Amis , le temps nous presse ; Ménageons les momens que ce transport nous laisse. Sauvons -le. Nos efforts deviendroient impuissans S'il reprenoit ici sa rage avec ses sens.

Fin d'andromaque.

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