‹ Œuvres complètesChapitre 140 sur 594 · SCÈNE VI. — CHICANEAU, PETIT-JEAN · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — CHICANEAU, PETIT-JEAN

CEiCANEAU , allant et revenant.

La Brie , Qu'on garde la maison, je reviendrai bientôt. Qu'on ne laisse monter aucune âme là-haut. Fais porter cette lettre à la poste du Maine. Prends-moi dans mon clapier trois lapins de garenne , Et chez mon procureur porte-les ce matin. Si son clerc vient .céans , fais-lui goûter mon vin. Ah ! donne-lui ce sac qui pend à ma fenêtre. Est-ce tout? Il viendra me demander peut-être Un grand homme sec , là , qui me sert de témoin , Et qui jure pour moi lorsque j'en ai besoin : Qu'il m'attende. Je crains que mon juge ne sorte : Quatre heures vont sonner. Mais frappons à sa porte.

PETIT-JEAN , entr'ouvrant la porte.

Qui va là?

Peut-on voir monsieur?

PETIT-JEAN , fermant la porte.

Non.

CHICANEAU , frappant à la porte.

Pourroit-on Dire un mot à monsieur son secrétaire?

PETIT-JEAN , fermant la porte.

Non.

CHICANEAU , frappant à la porte.

Et monsieur son portier?

PETIT-JEAN

C'est moi-même.

CHICANBAU.

De grâce , Buvez à ma santé , monsieur.

PETIT -JEJiN, prenant Vargent,

Grand bien vous fasse I {Fermant la porte.) Hais reyenez demain.

CHICANEàU.

Hé 1 rendez donc Vargent.

Le monde est devenu, sans mentir, bien méchant. J'ai vu que les procès ne donnoient point de peine : Çix écus en gagnoient une demi-douzaine. Mais aujourd'hui , je crois que tout mon bien entier Ne me suffîroit pas pour gagner un portier. Mais j'aperçois venir madame la comtesse De Pimbesche. Elle vient pour affaire qui presse.

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