‹ Œuvres complètesChapitre 170 sur 594 · LE DUC DE CHEVREUSE · texte numérisé non relu

LE DUC DE CHEVREUSE

Monseigneur,

Vous serez peut-être étonné de voir votre nom à la tête de cet ouvrage; et si je tous avois demandé la permission de vous l'offrir, je doute si je l'aurois obtenue. Mais ce seroit être en quelque sorte ingrat que de cacher plus longtemps au monde les bontés dont vous m'avez toujours honoré. Quelle apparence qu'un homme qui ne travaille que pour la gloire se puisse taire d'une protection aussi glorieuse que la vôtre?

Non , Monseigneur , il m'est trop avantageux que l'on sache que mes amis mêmes ne vous sont pas IndifTérens , que vous prenez part à tous mes ouvrages , et que vous m'avez procuré Thoimeur de lire celui-ci devant un homme dont toutes les heures sont précieuses '. Vous fûtes témoin avec quelle pénétration d'esprit il jugea de l'économie de la pièce , et combien l'idée qu'il s'est formée d'une excellente tragédie est au delà de tout ce que j'en ai pu concevoir.

Ne craignez pas, Monseigneur, que je m'engage plus avant, et que , n'osant le louer en face , je m'adresse à vous pour le louer avec plus de liberté. Je sais qu'il seroit dangereux de le fatiguei de ses louanges; et j'ose dire que cette même modes lie, qui vous est commune avec lui , n'est pas un des moindres liens qui vous attachent l'un à l'autre.

La modération n'est qu'une vertu ordinaire quand elle ne se

4. Charles-Honoré d'Albert, duc de Luynes, de Cbevreuse et d« Ghaulnes, beaii-frèrc du duc de Beauvilliers, et comme lui, ami intime de Fénelon. C'est pour le duc de Chevreuse qu'a été faite la Logique de Port-Royal.

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