‹ Œuvres complètesChapitre 179 sur 594 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

Mon nom peut-être aura plus de poids qu'il ne pense.

BURRHUS

Quoi , madame 1 toujours soupçonner son respect? Ne peut-il faire un pas qui ne vous soit suspect ? L*empereur vous croit-il du parti de J[unie? Avec Britannicus vous croitril réunie?

Quoi ! de vos ennemis devenez-vous Tappui Pour trouver un prétexte à vous plaindre de lui? Sur le moindre discours qu'on pourra vous redire , Serez-vous toujours prête à partager Tempire ? Vous craindrez-vous sans cesse ; et vos embrassemeos Ne se passeront- ils qu'en éclaircissemens ? Ah ! quittez d'un censeur la triste diligence ; D'une mère Cacile affectez l'indulgence ; Souffrez quelques froideurs sans les faire éclater ; Et n'avertissez point la oour de vous quitter.

▲GRIPPINE.

Et qui s'honoreroit de l'.appui d'Agrippine , Lorsque Néron lui-même annonce ma ruine , Lorsque de sa présence il semble me bannir, Quand Burrhus à sa porte ose me retenir?

BURRHaS.

Madame , je vois Men qu'il est temps de me taire , Et que ma liberté commence à vous déplaire. La douleur est injuste : et toutes les raisons Qui ne la flattent point aigrissent ses soupçons. Voici Britannicus. Je lui cède ma place. Je vous laisse écouter et plaindre sa disgrâce , Et peut-être, madame, en accuser les soins De ceux que l'empereur a consultés le moins.

Page 1