‹ Œuvres complètesChapitre 182 sur 594 · ACTE I, SCÈNE IV. Î · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. Î

Quoi qu'il en soit , Narcisse , on me vend tous les jours ; n prévoit mes desseins , il entend mes discours ; Comme toi, dans mon cœur il sait ce qui se passe. Que t'en semble, Narcisse?

NARCISSE

Ah ! quelle âme assez basse.. •• C'est à TOUS de choisir des confidens discrets , Seigneur, et de ne pas prodiguer vos secrets.

BRITANNICUS

Narcisse , tu dis vrai ; mais cette défiance Est toujours d'un grand cœur la dernière science ; On le trompe longtemps. Mais enfin je te croi , Ou plutôt je fais vœu de ne croire que toi. Mon père, il m'en souvient, m'assura de ton zèle - Seul de ses affranchis tu m'es toujours fidèle ; Tes yeux, sur ma conduite incessamment ouverts, M'ont sauvé jusqu'ici de mille écueils couverts. Va donc voir si le bruit de ce nouvel orage Aura de nos amis excité le courage ; • Examine leurs yeux , observe leurs discours ; Vois si j'en puis attendre un fidèle secours. Surtout dans ce palais remarque avec adresse Avec quel soin Néron fait garder la princesse : Sache si du péril ses beaux yeux sont remis , Et si son entretien m'est encore permis. Cependant de Néron je vais trouver la mère Chez Pallas , comme toi l'afi'ranchi de mon père : Je vais la voir, l'aigrir, la suivre, et, s'il se peut, M'eogager sous son nom plus loin qu'elle ne veut.

Page 1