SCÈNE V. — AGRIPPINE, BURRHUS
AGRIPPINE
Quel attentat , Burrhus I
BURRHUS
Je n*y pourrai survivre , Madame ; il faut quitter la cour et l'empereur.
AGRIPPINE
Quoil du sang de son firère il n'a point eu d*horreurf
BURRHUS
Ce dessein s'est conduit avec plus de mystère.
A peine l'empereur a vu venir son frère ,
Il se lève , il l'embrasse , on se tait ; et soudain
César prend le premier une coupe à la main :
« Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices,
Ma main de cette coupe épanche les prémices ,
Dit-il. Dieux, que j'appelle à cette effusion.
Venez favoriser notre réunion. »
Par les mêmes sermens Britannicus se lie.
La coupe dans ses mains par Narcisse est remplie ,
Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords ,
Le fer ne produit point de si puissans efforts ,
Madame : la lumière à ses yeux est ravie ;
Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie.
Jugez combien ce coup frappe tous les esprits :