‹ Œuvres complètesChapitre 212 sur 594 · SCÈNE V. — AGRIPPINE, BURRHUS · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — AGRIPPINE, BURRHUS

AGRIPPINE

Quel attentat , Burrhus I

BURRHUS

Je n*y pourrai survivre , Madame ; il faut quitter la cour et l'empereur.

AGRIPPINE

Quoil du sang de son firère il n'a point eu d*horreurf

BURRHUS

Ce dessein s'est conduit avec plus de mystère.

A peine l'empereur a vu venir son frère ,

Il se lève , il l'embrasse , on se tait ; et soudain

César prend le premier une coupe à la main :

« Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices,

Ma main de cette coupe épanche les prémices ,

Dit-il. Dieux, que j'appelle à cette effusion.

Venez favoriser notre réunion. »

Par les mêmes sermens Britannicus se lie.

La coupe dans ses mains par Narcisse est remplie ,

Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords ,

Le fer ne produit point de si puissans efforts ,

Madame : la lumière à ses yeux est ravie ;

Il tombe sur son lit sans chaleur et sans vie.

Jugez combien ce coup frappe tous les esprits :

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