‹ Œuvres complètesChapitre 243 sur 594 · SCÈNE IV. — TITUS · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — TITUS

Hé bien! Titus, que viens-tu faire?

Bérénice t'attend. Où viens- tu, téméraire? Tes adieux sont- ils prêts? T'es-tu bien consulté? Ton cœur te promet- il assez de cruauté? Car enfin au combat qui pour toi se prépare C'est peu d'être constant , il faut être barbare. Soutiendrai-je ces yeux dont la douce langueur Sait si bien découvrir les chemins de mon cœur? Quand je verrai ces yeux armés de tous leurs charmes , Attachés sur les miens , m'accabler de leurs larmes , Me souviendrai -je alors de mon triste devoir? Pourrai-je dire enfin : Je ne veux plus vous voir? Je viens percer un cœur que j'adore , qui m'aime. Et pourquoi le percer ? Qui l'ordonne ? Moi-même : Car enfin Rome a-t-elle expliqué ses souhaits ? L'entendons- nous crier autour de ce palais? Vois-je l'État penchant au bord du précipice? Ne le puis-je sauver que par ce sacrifice? Tout se tait; et moi seul, trop prompt à me troubler. J'avance des malheurs que je puis reculer. Et qui sait si , sensible aux vertus de la reine , Rome ne voudra point l'avouer pour Romaine? Rome peut par son choix justifier le mien. Non , non , encore un coup , ne précipitons rien. Que Rome , avec ses lois , mette dans la balance Tant de pleurs, tant d'amour, tant de persévérance; Rome sera pour nous.... Titus, ouvre les yeux!

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