‹ Œuvres complètesChapitre 280 sur 594 · ACTE 111, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE IL

ACOMAT

Madame , je le croi.

Voici tout ce qui vient d'arriver devant moi : Surpris , je l'avouerai , de leur fureur commune , Querellant les amans , l'amour et la fortune , J'étois de ce palais sorti désespéré.

Déjà , sur un vaisseau dans le port préparé , Chargeant de mon débris les reliques plus chères , Je méditois ma fuite aux terres étrangères. Dans ce triste dessein au palais rappelé, Plein de joie et d'espoir , j'ai couru , j'ai volé. La porte du sérail à ma voix s'est ouverte , Et d'abord une esclave à mes yeux s'est offerte , Qui m'a conduit sans bruit dans un appartement Où Roxane attentive écoutoit son amant.

Tout gardoit devant eux un auguste silence : Moi-même , résistant à mon impatience , Et respectant de loin leur secret entretien, J'ai longtemps, immobile, observé leur maintien. Enfin , avec des yeux qui découvroient son âme , L'une a tendu la main pour gage de sa flamme ; L'autre , avec des regards éloquens , pleins d'amour , L'a de ses feux , madame , assurée à son tour.

ATALIDE

Hélas!

ACOMAT

Ils m'ont alors aperçu l'un et l'autre. m Voilà, m'a-t-elle dit, votre prince et le nôtre. Je vais, brave Acomat, le remettre en vos mains. Allez lui préparer les honneurs souverains ; Qu'un peuple obéissant l'attende dans le temple : Le sérail va bientôt vous en donner l'exemple. >» Aux pieds de Bajazet alors je suis tombé; Et soudain à leurs yeux je me suis dérobé : Trop heureux d'avoir pu, par un récit fidèle. De leur paix , eu passant , vous conter la nouvelle , Et m' acquitter vers vous de mes respects profonds , Je vais le couronner, madame, et j'en réponds.

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