‹ Œuvres complètesChapitre 286 sur 594 · SCÈNE VIII. - ROXANE, ZATIMK · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. - ROXANE, ZATIMK

ZATIME.

Pardonnez si j'ose vous troubler :

Mais , madame , un esclave arrive de l'armée ; Et , quoique sur la mer la porte fût fermée , Les gardes , sans tarder , l'ont ouverte à genoux , Aux ordres du sultan qui s'adressent à vous. Mais ce qui me surprend, c'est Orcan qu'il envoie.

ROXANE

Orcan I

ZATIME.

Oui , de tous ceux que le sultan emploie , Orcan , le plus fidèle à servir ses desseins , Né sous le ciel brûlant des plus noirs Africains. Madame, il vous demande avec impatience. Mais j'ai cru vous devoir avertir par avance ; Et , souhaitant surtout qu'il ne vous surprît pas , Dans votre appartement j'ai retenu ses pas.

ROXANE

Quel malheur imprévu vient encor me confondre?

Quel peut être cet ordre? et que puis-je répondre?

Il n'en faut point douter , le sultan , inquiet ,

Une seconde fois condamne Bajazet.

On ne peut sur ses jours sans moi rien entreprendre

Tout m' obéit ici. Mais dois-je le défendre?

Quel est mon empereur? Bajazet? Amurat?

J'ai trahi l'un; mais l'autre est peut-être un ingral.

Le temps presse. Que faire en ce doute funeste?

Allons , employons bien le moment qui nous reste.

Ils ont beau se cacher; l'amour le plus discret

Laisse par quelque marque échapper son secret.

Observons Bajazet ; étonnons Atalide ;

Kt couronnons l'amant , ou perdons le perfido.

334 BAJAZET

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