‹ Œuvres complètesChapitre 308 sur 594 · SCÈNE XI. " ATALIDE, ACOMAT, OSMIN, ZAÏRE · texte numérisé non relu

SCÈNE XI. " ATALIDE, ACOMAT, OSMIN, ZAÏRE

ACOMAT

Ses yeux ne Tont-ils point séduite?

Roxane est-elle morte ?

OSMIN

Oui , j'ai vu l'assassin Retirer son poignard tout fumant de son sein. Orcan , qui méditoit ce cruel stratagème , La seryoit à dessein de la perdre elle-même ; Et le sultan Tavoit chargé secrètement De lui sacrifier Tamante après Tamant.

Lui-même d*aussi loin qu'il nous a vus parottre : « Adorez, a-t-il dit, l'ordre de votre maître; De son auguste seing reconnoissez les traits , Perfides, et sortez de ce sacré palais. » A ce discours laissant la sultane expirante , Il a marché vers nous ; et d'une main sanglante Il nous a déployé l'ordre dont Amurat Autorise ce monstre à ce double attentat. Mais, seigneur, sans vouloir l'écouter davantage , Transportés à la fois de douleur et de rage , Nos bras impatients ont puni son forfait , Et vengé dans son sang la mort de Bajazet.

ATALIDE

Bajazet I

ACOMAT

Que dis-tu?

Bajazet est sans vie.

L*ignoriezvous?

ATALIDE

0 ciel!

OSMIN

Son amante en furie , Près de ces lieux , seigneur , craignant votre secours , Avoit au nœud fatal abandonné ses jours. Moi-même des objets j'ai vu le plus fimeste , Et de sa vie en vain j'ai cherché quelque reste : Bajazet étoit mort. Nous l'avons rencontré De morts et de mourans noblement entouré , Que , vengeant sa défaite , et cédant sous le nombre , Ce héros a forcés d'accompagner son ombre. MaiSj puisque c'en est fait, seigneur, songeons à nous

852 BAJAZET

ACOMAT

Ah l' destins ennemis , ou me réduisez-vous 1

Je sais en Bajazet la perte que vous faites ,

Madame ; je sais trop qu'en l'état où vous êtes .

Il ne m'appartient point de vous offrir l'appui

De quelques malheureux qui n'espéroient qu'en lui

Saisi , désespéré d'une mort qui m'accable ,

Je vais , non point sauver cette tête coupable ,

Mais , redevable aux soins de mes tristes amis ,

Défendre jusqu'au bout leurs jours qu'ils m'ont commis.

Pour vous , si vous voulez qu'en quelque autre contrée

Nous allions confier votre tête sacrée ,

Madame , consultez : maîtres de ce palais ,

Mes fidèles amis attendront vos souhaits;

Et moi , pour ne point perdre un temps si salutaire ,

Je cours où ma présence est encor nécessaire ;

Et jusqu'au pied des murs que la mer vient laver ,

Sur mes vaisseaux tout prêts je viens vous retrouver.

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