‹ Œuvres complètesChapitre 318 sur 594 · SCÈNE V. -PHARNACE, XIPHARÈS · texte numérisé non relu

SCÈNE V. -PHARNACE, XIPHARÈS

PHARNACE , à part.

Hilhridate revient I Ah , fortune cruelle ! Ma vie et mon amour tous deux courent hasatrd. Les Romains que j'attends arriveront trop tard :

(A Xipharès.) Comment faire ? J'entends que votre cœur soupire , Et j'ai conçu l'adieu qu'elle vient de vous dire. Prince; mais ce discours demande un autre temps : Nous avons aujourd'hui des soins plus importans. Mithridate revient peut-être inexorable : Plus il est malheureux, plus il est redoutable. Le péril est pressant plus que vous ne pensez. Nous sommes criminels , et vous le connoissez : Rarement l'amitié désarme sa colère ; Ses propres fils n'ont point de juge plus sévère ; Et nous l'avons vu même à ses cruels soupçons Sacrifier deux fils pour de moindres raisons. Craignons pour vous, pour moi, pour la reine elle-même. Je la plains d'autant plus que Mithridate l'aime. Amant avec transport , mais jaloux sans retour , Sa haine va toujours plus loin que son amour. Ne vous assurez point sur l'amour qu'il vous porte : Sa jalouse fureur n'en sera que plus forte. Songez-y. Vous avez la faveur des soldats ; Et j'aurai des secours que je n'explique pas. M'en croirez-vous ? Courons assurer notre grâce : Rendons-nous , vous et moi , maîtres de cette place ; Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter

Page 1