‹ Œuvres complètesChapitre 34 sur 594 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

Cber Attale , il n*est rien qui puisse réunir Ceux que des nœuds si forts n'ont pas su retenir : l'on hait avec excès lorsque l'on hait un frère. lais leur éloignement ralentit leur colère : Quelque haine qu'on ait contre un fier ennemi , Qaand il est loin de nous , on la perd à demi. Me t'étonne donc plus si je veux qu'ils se voient : Je yeux qu'en se voyant leurs fureurs se déploient ; Qae , rappelant leur haine , au lieu de la chasser , Us s'étouffent, Attale, en voulant s'embrasser.

ATTALE

Vous n'avez plus, seigneur, à craindre que vous-même : On porte ses remords avec le diadème.

CRéON.

Quand on est sur le trône, on a bien d'autres soins; Et les remords sont ceux qui nous pèsent le moins. Da plaisir de régner une âme possédée De tout le temps passé détourne son idée ; Et de tout autre objet un esprit éloigné Croit n'avoir point vécu tant qu'il n'a point régné. Mais allons : le remords n'est pas ce qui me touche , Et je n'ai plus un cœur que le crime effarouche : Tous les premiers forfaits coûtent quelques efforts ; Vais, Attale, on commet les seconds sans remords.

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