‹ Œuvres complètesChapitre 414 sur 594 · SCÈNE V. -PHÈDRE, ŒNONE · texte numérisé non relu

SCÈNE V. -PHÈDRE, ŒNONE

ŒNONE

Madame , je cessois de vous presser de vivre ;

Déjà même au tombeau je songeois à vous suivre;

Pour vous en détourner, je n'avois plus de voix;

Mais ce nouveau malheur vous prescrit d'autres lois.

Votre fortune change et prend une autre face :

Le roi n'est plus, madame; il faut prendre sa place.

Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez ;

Esclave s'il vous perd, et roi si vous vivez.

Sur qui, dans son malheur, voulez-vous qu'il s'appuie?

Ses larmes n'auront plus de main qui les essuie ;

Et ses cris innocens, portés jusques. aux dieux,

Iront contre sa mère irriter ses aïeux.

Vivez ; vous n'avez plus de reproche à vous faire :

Votre flamme devient une flamme ordinaire;

Thésée en expirant vient de rompre les nœuds

Qui faisoient tout le crime et l'horreur de vos feux.

472 PHÈDRE

Hippolyte pour vous devient moins redoutable ; Et vous pouvez le voir sans vous rendre coupable. Peut-étie, convaincu de votre aversion, Il va donner un chef à la sédition :

Détrompez son erreur, fléchissez son courage. Roi de ces bords heureux, Trézène est son partage; Mais il sait que les lois donnent à votre fils Les superbes remparts que Minerve a bâtis. Vous avez, l'un et l'autre une juste ennemie : Unissez- vous tous deux pour combattre Aricie.

PHÈDRE

Hé bien ! à tes conseils je me laisse entraîner. Vivons , si vers la vie on peut me ramener , Et si l'amour d'un fils , en ce moment funeste , De mes foibles esprits peut ranimer le reste.

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