‹ Œuvres complètesChapitre 420 sur 594 · SCÈNE V. - PHÈDRE, HIPPOLYTE, ŒNONE · texte numérisé non relu

SCÈNE V. - PHÈDRE, HIPPOLYTE, ŒNONE

PHÈDRE , à OEnone , dans le fond du théâtre. Le voici : vers mon cœur tout mon sang se retire. J'oublie, en le voyant, ce que je viens lui dire.

ŒNONE

Souvenez-vous d'un fils qui n'espère qu'en vous.

PHÈDRE

On dit qu'un prompt départ vous éloigne de nous ,

Seigneur. A vos douleurs je viens joindre mes larmes;

Je vous viens pour un fils expliquer mes alarmes.

Mon fils n'a plus de père ; et le jour n'est pas loin

Qui de ma mort encor doit le rendre témoin.

Déjà mille ennemis attaquent son enfance :

Vous seul pouvez contre eux embrasser sa défense.

Mais un secret remords agite mes esprits :

Je crains d'avoir fermé votre oreille à ses cris

Je tremble que sur lui votre juste colère

Ne poursuive bientôt une odieuse mère.

HIPPOLYTE

Madame, je n'ai point des sentimens si bas.

PHÈDRE

Quand vous me haïriez , je ne m'en plaindrois pas , Seigneur : vous m'avez vue attachée à vous nuire ; Dans le fond de mon cœur vous ne pouviez pas lire.

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