‹ Œuvres complètesChapitre 468 sur 594 · SCÈNE III. - ASSUÉRUS, ASAPH · texte numérisé non relu

SCÈNE III. - ASSUÉRUS, ASAPH

ASSUÉRUS , assis sur son trône.

Je veux bien Tavouer : de ce couple perfide J'avois presque oublié l'attentat parricide ; Et j'ai pâli deux fois au terrible récit Qui vient d'en retracer l'image à mon esprit. Je vois de quel succès leur fureur fut suivie, Et que dans les tourmens ils laissèrent la vie ; Mais ce sujet zélé qui, d'un œil si subtil, Sut de leur noir complot développer le fil. Qui me montra sur moi leur main déjà levée , Enfin par qui la Perse avec moi fut sauvée , Quel honneur pour sa foi, quel prix a-t-il reçu?

ASAPH

On lui promit beaucoup : c'est tout ce que j'ai su.

ASSUÉRUS

0 d'un si grand service oubli trop condamnable !

Des embarras du trône efi'et inévitable !

De soins tumultueux un prince environné

Vers de nouveaux objets est sans cesse entraîné;

L'avenir l'inquiète, et le présent le frappe;

Mais , plus prompt que l'éclair , le passé nous échappe ;

Et de tant de mortels à toute heure empressés

A nous faire valoir leurs soins intéressés ,

Il ne s'en trouve point qui , touchés d'un vrai zèle ,

Prennent à notre gloire un intérêt fidèle.

Du mérite oublié nous fassent souvenir.

Trop prompts à nous parler de ce qu'il faut punir.

Ah! que plutôt l'injure échappe à ma vengeance,

Qu'un si rare bienfait à ma reconnoissance !

Et qui voudroit jamais s'exposer pour son roi?

Ce mortel qui montra tant de zèle pour moi

Vit-il encore?

ASAPH

II voit l'astre qui vous éclaire.

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